The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
laquelle certes est digne d'vn royaume tres-Chrétien. [_Conquete de la
Palestine comparee à celle de la Nouvelle-France._] On a jadis fait
tant de depenses & pertes d'hommes à la reconqueste de la Palestine, à
quoy on a peu proufité: & aujourd'hui à peu de frais on pourroit faire
des merveilles, & acquerir infinis peuples à Dieu sans coup ferir: &
nous sommes touchés d'vne ie ne sçay quelle lethargie en ce qui est du
zele religieux qui bruloit noz peres anciennement. Si on n'esperoit
aucun fruit temporel en ceci ie pardonnerois à l'imbecillité humaine.
Mais il y a de si certaines esperances d'vne bõne vsure, qu'elles
ferment la bouche à tous les ennemis de ce pays là, lesquels le
decrient afin de ne perdre la traite des Castors & autres pelleteries
dont ils vivent, & sans cela mourroyent de faim, ou ne sçauroient à
quoy s'employer. [_Au Roy & à la Royne._] Que s'il plaisoit au Roy,
& à la Royne Regente sa mere, en laquelle Dieu a allume vn brasier
de pieté, prendre goust à ceci (cõme certes elle a faict au rapport
de la Conversiõ des Sauvages baptizés par le [31] soin du Sieur de
Poutrincourt) & laisser quelque memoire d'elle, ou plustot s'asseurer
de la beatitude des cieux par cette action qui est toute de Dieu, on ne
peut dire quelle gloire à l'avenir ce lui seroit d'estre la premiere
qui auroit planté l'Evangile en de si grandes terres, qui (par maniere
de dire) n'ont point de bornes. Si Helene mere de l'Empereur Cõstantin
eust trouvé tant de sujet de bien-faire, elle eust beaucoup mieux
aimé edifier à Dieu des temples vivans que tant d'edifices de marbre
dont elle a rempli la terre saincte. Et au bout l'esperance de la
remuneration temporelle n'en est po[~i]t vaine. Car d'une part le Sieur
de Poutrincourt demeure toujours serviteur du Roy en la terre que sa
Maiesté luy a octroyée: en laquelle il seroit le rendezvous & support
de tant de vaisseaux qui vont tous les ans aux Terres neuves, où ilz
reçoivent mille incommodités, & en perit grand nombre, comme nous
avons veu & oui dire. [_Moyens pour aller aux Molucques par le Ponant
& le Nort._] Dailleurs penetrant dans les terres, nous pourrions nous
rendre familier le chemin de la Chine, & des Molucques par vn climat
& parallele t[~e]peré, en faisant quelques statiõs ou [32] demeures
au Saut de la grande riviere de Canada, puis aux lacs qui sont plus
outre, le dernier desquels n'est pas loin de la grande mer Occidentale,
par laquelle les Hespagnols vont aujourd'hui en l'Orient: Ou bien on
pouroit faire la méme entreprise par la riviere de Saguenay, outre
laquelle les Sauvages rapportent qu'il y a vne mer dont ilz n'ont veu
le bout, qui est sans doute ce passage par le Nort, lequel en vain l'on
a tant recherché. [_Vtilités._] De sorte que nous aurions des epices,
& autres drogues sans les mendier desdits Hespagnols, & demeureroit
és mains du Roy le proufit qu'il tire de nous sur ces denrées:
Laissant à part l'vtilité des cuirs, paturages, pecheries, & autres
biens.
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