The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Mais il faut semer avant que recuillir. Par ces exercices on
occuperoit beaucoup de ieunesse Françoise, dont vne partie languit ou
de pauvreté, ou d'oisiveté: ou vont aux provinces etrangeres enseigner
les metiers qui nous estoient iadis propres & particuliers, au moyen
dequoy la France estoit remplie de biens, au lieu qu'aujourd'hui vne
longue paix ne l'a encore peu remettre en son premier lustre, tant
[33] pour la raison que dessus, que pour le nombre de gens oisifs, &
mendians valides & volontaires que le public nourrit. [_Chiquanerie._]
Entre lesquelles incommodités on pourrait mettre encore le mal de
la chiquanerie qui mange nostre nation, dõt elle a esté blamée de
tout temps. A quoy [_Ammiã Marcellin._] seroit aucunement obvié par
les frequ[~e]tes navigations: estant ainsi qu'une partie de ceux qui
plaident auroient plustot fait de conquester nouvelle terre, demeurans
en l'obeissance du Roy, que de poursuivre ce qu'ilz debattent avec
tant de ruines, longueurs, solicitudes, & travaux. Et en ce ie repute
heureux tous ces pauvres peuples que ie deplore ici. [_Felicité des
Sauvages._] Car la blafarde Envie ne les amaigrit po[~i]t ilz ne
ressentent point les inhumanités d'vn qui sert Dieu en torticoli, pour
souz cette couleur tourmenter les hommes; ilz ne sont point sujets au
calcul de ceux qui manquans de vertu & de bonté s'affublent d'vn faux
pretexte de pieté pour nourrir leur ambition. S'ilz ne conoissent point
Dieu, au moins ne le blasphement ilz point, comme font la pluspart des
Chretiens. Ilz ne sçavent que c'est d'empoisonner, ni de corrompre la
[34] chasteté par artifice diabolique. Il n'y a point de pauvres, ny
de mendians entre eux. Tous sont riches, entant que tous travaillent
& vivent. Mais entre nous il va bien autrement. Car il y en a plus de
la moitié qui vit du labeur d'autrui, ne faisant aucun metier qui soit
necessaire à la vie humaine. Que si ce païs là estoit etabli, tel y a
qui n'ose faire ici ce qu'il feroit là. [_Pour ceux qui vont en la N.
France._] Il n'ose point ici estre bucheron, laboureur, vigneron, &c.
par ce que sõ pere est chiquaneur, barbier, apothicaire &c. Et là il
oublieroit toutes ces aprehensions de reproche, & prendroit plaisir à
cultiver sa terre, ayant beaucoup de compagnons d'aussi bonne maison
que lui. Et cultiver la terre c'est le metier le plus innocent, & plus
certain, exercice de ceux de qui nous sommes tous descendus, & de ces
braves Capitaines Romains qui sçavoient domter & ne point estre domtés.
Mais depuis que la pompe & la malice se sont introduits parmi les
hommes, ce qui estoit vertu a tourné en reproche, & les faineans sont
venus en estime. [_A la Royne._] Or laissons ces gens là, & revenons au
Sieur de Poutrincourt, ains plustot a vous, ô Royne Tres-Chretienne,
[35] la plus grande, & plus cherie des cieux que l'oeil du monde voye
en la rõde qu'il fait chaque iour alentour de cet vnivers. Vous qui
avés le maniement du plus noble Empire dici bas, Quoy souffrirez vous
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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