Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
non plus, que les vastes montagnes qui font au pied de toutes celles qui
forment l'enceinte du Gothard, au moyen desquelles on trouve un accès
plus facile, et des rampes moins rapides pour s'élèvent comme par degrés
à cette hauteur, qui composent enfin ces montagnes de seconde et de
troisieme formation, ne doivent leur existence qu'aux débris de ces
colosses qui dominent tout. L'examen de ce qui se passe sous nos yeux
journellement, ne peut nous laisser aucun doute sur l'abaissement de
montagnes. Il n'y a point de torrent, point d'écoulement d'eaux, quelque
petit qu'il soit, qui n'entraîne en descendant des montagnes, des
terres, des graviers, ou des sables, pour les porter plus bas. Les
grands torrens, les fleuves, les rivières, gonflés par les fontes
subites des glaces et des neiges, entraînent des rochers entières,
creusent de vastes et profonds ravins; ces masses de rochers diminuent
par le choc et le frottement qu'elles essuient entre elles, et sur
les rochers sur lesquels elles passent, dont elles occasionnent
reciproquement la destruction; ce sont des débris de cette espéce
de trituration qui troublent les eaux, et dont le dépôt élève
insensiblement les bords des rivières, forme le limon fécondant de nos
plaines, et va former jusque dans le sein des mers ces atterrissemens,
ces barres, et ces bancs qui en reculent les bornes. Les rochers les
plus durs, ces granits que les meilleurs outils ont tant de peine à
façonner, ne résistent point au tems et aux intempéries des saisons;
leur superficie se dénature et se décompose souvent au point de ne pas
les reconnoître: des lichens, des petites mousses s'insinuent dans leur
tissu, l'eau y pénètre, et la gelée sépare leurs parties; s'ils se
trouvent placé sur une pente de façon à pouvoir être entraîné par les
eaux, la plus grosse masse est bientôt réduite à peu de chose, apres
avoir parcouru un plan incliné; quels changemens ne doit pas avoir opéré
cette marche constante de la nature. A quel point n'est elle pas rendu
méconnoissable la superficie du globe que nous habitons. Pour peu qu'on
réfléchisse que les montagnes fournissent continuellement aux plaines,
et que celle-ci ne rendent rien aux montagnes, on pourra se faire
quelque idée des changemens que la révolution des siècles à du opérer.
Aussi n'est ce que sur les hautes montagnes qu'on apperçoit encore
parmi leurs vastes débris, les matériaux qui ont servi et servent aux
créations nouvelles que la nature opère journellement, qu'ils sont
grands, qu'ils sont majestueux ces antiques débris! que l'homme est
petit, qu'il est confondu quand il ose y porter un regard curieux!»
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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