Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
(p. 86.) «Les pierres que les eaux du Val de Canfrac entraînent, sont
rarement usées dans leurs angles; on en trouve peu dont la figure soit
arrondie, comme celle des pierres que roulent les torrens de la partie
septentrionale des Pyrénées; le sol des environs de Jacia, plus élevé
que celui des plaines du côté de la France, s'oppose a ce qu'elles
soient emportées à d'assez grandes distances, et avec la rapidité
necessaire pour recevoir, par un long frottement, une figure arrondie:
on ne voit point de pierres roulées dans les plaines qui entourent cette
ville, les bancs calcaires ne sont couverts que d'une croûte de terre
peu épaisse; un telle formation diffère de celle qu'on observe au
pied des monts Pyrénées, du côté de la France, ou le sol de plusieurs
contrées est composé des débris que les rivières y ont déposés[6];
une partie de l'Égypte, selon Hérodote, a été pareillement formée des
matières que le Nil y a apportées; Aristotle la nomme l'ouvrage du
fleuve: c'est pourquoi les Éthiopiens se vantoient que l'Égypte leur
étoit redevable de son origine. Les habitans de Pyrénées pourroient
dire la même chose de presque toutes les contrées situées le long de la
chaine septentrionale, depuis l'océan jusqu'à la Méditerranée, et qui
forment cette espace d'isthme qui sépare les deux mers: c'est ainsi que
la nature change continuellement la surface de notre globe; elle élève
les plaines, abaisse les montagnes; et l'eau est principal agent qu'elle
emploie pour opérer ces grandes révolutions; il ne faut que du temps,
pour que le mot de Louis XIV. à son petit-fils, se réalise. La postérité
pourra dire un jour; _il n'y a plus de Pyrénées_. On conçoit combien
cette époque est éloignée de nous. M. Gensanne a trouvé, par des
observations qu'il pretend non équivoques, que la surface de ces
montagnes baisse d'environ dix pouces par siècle; ainsi, en les
supposant seulement de quinze cens toises au-dessus du niveau de la mer,
et toujours susceptibles du même degré d'abaissement, il s'écoulera un
million d'années avant leur destruction totale.»
[Footnote 6: The notion, that the water-worn gravel, which we so
frequently find upon the surface of the earth, had been the effect of
rivers transporting the rocks and stones, is not accurate or in perfect
science. That stones are thus continually transported is certain; it is
also indisputable, that in this operation they are broken and worn
by attrition, more or less; but, that angular stones of the hardest
substance are thus made into that round gravel, which we find so
abundantly in many places forming the soil or loose materials of the
surface, is a conclusion which does not necessarily follow from
the premises, so far as there is another way of explaining those
appearances, and that by a cause much more proportioned to the effect.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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