A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
Comedy plays
Apprenez donc, lorsqu'on dit aux gens qu'on les aime, qu'il faut du moins
leur demander ce qu'ils en pensent.
LE MARQUIS.
Quelle chicane vous me faites!
LA COMTESSE.
Je n'y saurais tenir. Adieu.
LE MARQUIS.
Eh bien! Madame, je vous aime. Qu'en pensez-vous? Et, encore une fois,
qu'en pensez-vous?
LA COMTESSE.
Ah! ce que je pense?[139] Que je le veux bien, Monsieur; et, encore une
fois, que je le veux bien: car, si je ne m'y prenois pas de cette facon,
nous ne finirions jamais.
LE MARQUIS.
Ah! vous le voulez bien? Ah! je respire! Comtesse, donnez-moi votre main,
que je la baise.
SCENE DERNIERE.
LA COMTESSE, LE MARQUIS, HORTENSE, LE CHEVALIER, LISETTE, LEPINE.
HORTENSE.
Votre billet est-il pret, Marquis? Mais vous baisez la main de la
Comtesse, ce me semble?
LE MARQUIS.
Oui, c'est pour la remercier du peu de regret que j'ai aux[140] deux cent
mille francs que je vous donne.
HORTENSE.
Et moi, sans compliment, je vous remercie de vouloir bien les perdre.
LE CHEVALIER.
Nous voila donc contents. Que je vous embrasse, Marquis! (_A la
Comtesse._) Comtesse, voila le denouement que nous attendions.
LA COMTESSE, _en s'en allant_.
Eh bien! vous n'attendrez plus.
LISETTE, _a Lepine_.
Maraud, je crois, en effet, qu'il faudra que je t'epouse.
LEPINE.
Je l'avois entrepris.
* * * * *
LES FAUSSES CONFIDENCES
COMEDIE EN TROIS ACTES
_Representee pour la premiere fois par les Comediens Italiens
ordinaires du Roi, le 16 mars 1737._
ACTEURS.
ARAMINTE,[1] fille de Madame Argante.
DORANTE, neveu de Monsieur Remy.
Monsieur REMY,[2] procureur.[3]
Madame ARGANTE.[4]
ARLEQUIN,[5] valet d'Araminte.
DUBOIS,[6] ancien valet de Dorante.
MARTON, suivante d'Araminte.
LE COMTE.
Un DOMESTIQUE parlant
Un GARCON joaillier.[7]
_La scene est chez Madame Argante_.
ACTE I
SCENE PREMIERE.
DORANTE, ARLEQUIN.
ARLEQUIN, _introduisant Dorante_.
Ayez la bonte, Monsieur, de vous asseoir un moment dans cette salle;
Mademoiselle Marton est chez Madame, et ne tardera pas a descendre.
DORANTE.
Je vous suis oblige.
ARLEQUIN.
Si vous voulez, je vous tiendrai compagnie, de peur que l'ennui ne vous
prenne; nous discourrons en attendant.
DORANTE.
Je vous remercie; ce n'est pas la peine, ne vous detournez[8] point.
ARLEQUIN.
Voyez, Monsieur, n'en faites pas de facon:[9] nous avons ordre de Madame
d'etre honnete,[10] et vous etes temoin que je le suis.
DORANTE.
Non, vous dis-je; je serai bien aise d'etre un moment seul.
ARLEQUIN.
Excusez, Monsieur, et restez a votre fantaisie.
SCENE II.
DORANTE, DUBOIS, _entrant avec un air de mystere_.
DORANTE.
Ah! te voila?
DUBOIS.
Oui, je vous guettois.
DORANTE.
J'ai cru que je ne pourrais me debarrasser d'un domestique qui m'a
introduit ici, et qui vouloit absolument me desennuyer en restant. Dis-
moi, monsieur Remy n'est donc pas encore venu?
DUBOIS.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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