A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
Comedy plays
Et que voulez-vous qu'on dise? Est-on oblige de n'avoir que des intendants
mal faits?
ARAMINTE.
Tu as raison. Dis-lui qu'il revienne. Il n'etoit pas necessaire de me
preparer a le recevoir: des que c'est monsieur Remy qui me le donne, c'en
est assez; je le prends.
MARTON, _comme s'en allant_.[26]
Vous ne sauriez mieux choisir. (_Et puis revenant_.) Etes-vous convenue du
parti [26] que vous lui faites? Monsieur Remy m'a charge de vous en
parler.
ARAMINTE.
Cela est inutile. Il n'y aura point de dispute la-dessus. Des que c'est un
honnete homme, il aura lieu d'etre content. Appelez-le.
MARTON, _hesitant de partir_.
On lui laissera ce petit appartement qui donne sur le jardin, n'est-ce
pas?
ARAMINTE.
Oui; comme il voudra. Qu'il vienne.
(_Marton va dans la coulisse_.)
SCENE VII.
DORANTE, ARAMINTE, MARTON.
MARTON.
Monsieur Dorante, Madame vous attend.
ARAMINTE.
Venez, Monsieur; je suis obligee a monsieur Remy d'avoir songe a moi.
Puisqu'il me donne son neveu, je ne doute pas que ce ne soit un present
qu'il me fasse. Un de mes amis me parla avant-hier d'un intendant qu'il
doit m'envoyer aujourd'hui; mais je m'en tiens a vous.
DORANTE.
J'espere, Madame, que mon zele justifiera la preference dont vous
m'honorez, et que je vous supplie de me conserver. Rien ne m'affligeroit
tant a present que de la perdre.
MARTON.
Madame n'a pas deux paroles.
ARAMINTE.
Non, Monsieur; c'est une affaire terminee, je renverrai tout.[28] Vous
etes au fait des affaires, apparemment; vous y avez travaille?
DORANTE.
Oui, Madame; mon pere etoit avocat, et je pourrois l'etre moi-meme.
ARAMINTE.
C'est-a-dire que vous etes un homme de tres bonne famille, et meme au-
dessus du parti[29] que vous prenez?
DORANTE.
Je ne sens rien qui m'humilie dans le parti que je prends, Madame;
l'honneur de servir une dame comme vous n'est au-dessous de qui que ce
soit, et je n'envierai la condition de personne.
ARAMINTE.
Mes facons ne vous feront point changer de sentiment. Vous trouverez ici
tous les egards que vous meritez; et si, dans la suite, il y avoit
occasion de vous rendre service, je ne la manquerai point.
MARTON.
Voila Madame, je la reconnois.
ARAMINTE.
Il est vrai que je suis toujours fachee de voir d'honnetes gens sans
fortune, tandis qu'une infinite de gens de rien et sans merite en ont une
eclatante; c'est une chose qui me blesse, surtout dans les personnes de
son age: car vous n'avez que trente ans tout au plus?
DORANTE.
Pas tout a fait encore, Madame.
ARAMINTE.
Ce qu'il y a de consolant pour vous, c'est que vous avez le temps de
devenir heureux.
DORANTE.
Je commence a l'etre aujourd'hui, Madame.
ARAMINTE.
On vous montrera l'appartement que je vous destine; s'il ne vous convient
pas, il y en a d'autres, et vous choisirez. Il faut aussi quelqu'un qui
vous serve, et c'est a quoi je vais pourvoir. Qui lui donnerons-nous,
Marton?
MARTON.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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