A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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Point de mystere; je la tiens, vous dis-je, et je ne m'en fache pas. Je
vous la rendrai quand je l'aurai vue. Retirez-vous, voici Madame avec sa
mere et le Comte; c'est peut-etre de cela qu'ils s'entretiennent. Laissez-
moi les calmer la-dessus, et ne les attendez pas.
DORANTE, _en s'en allant et riant_.
Tout a reussi, elle prend le change a merveille.
SCENE IX.
ARAMINTE, LE COMTE, MME. ARGANTE, MARTON.
ARAMINTE.
Marton, qu'est-ce que c'est qu'un portrait dont monsieur le Comte me
parle, qu'on vient d'apporter ici a quelqu'un qu'on ne nomme pas, et qu'on
soupconne etre le mien? Instruisez-moi de cette histoire-la.
MARTON, _d'un air reveur_.
Ce n'est rien, Madame; je vous dirai ce que c'est: je l'ai demele apres
que monsieur le Comte a ete parti; il n'a que faire de[91] s'alarmer. Il
n'y a rien la qui vous interesse.
LE COMTE.
Comment le savez-vous, Mademoiselle? Vous n'avez point vu le portrait.
MARTON.
N'importe, c'est tout comme si je l'avois vu. Je sais qui il regarde; n'en
soyez point en peine.
LE COMTE.
Ce qu'il y a de certain, c'est un portrait de femme,[92] et c'est ici
qu'on vient chercher la personne qui l'a fait faire, a qui on doit le
rendre, et ce n'est pas moi.
MARTON.
D'accord. Mais quand[93] je vous dis que Madame n'y est pour rien, ni vous
non plus.
ARAMINTE.
Eh bien! si vous etes instruite, dites-nous donc de quoi il est question,
car je veux le savoir. On a des idees qui ne me plaisent point. Parlez.
Mme. ARGANTE.
Oui, ceci a un air de mystere qui est desagreable. Il ne faut pourtant pas
vous facher, ma fille: monsieur le Comte vous aime, et un peu de jalousie,
meme injuste, ne messied pas a un amant.
LE COMTE.
Je ne suis jaloux que de l'inconnu qui ose se donner le plaisir d'avoir le
portrait de Madame.
ARAMINTE, _vivement_.
Comme il vous plaira, Monsieur; mais j'ai entendu[94] ce que vous vouliez
dire, et je crains un peu ce caractere d'esprit-la. Eh bien, Marton?
MARTON.
Eh bien, Madame, voila bien du bruit! C'est mon portrait.
LE COMTE.
Votre portrait?
MARTON.
Oui, le mien. Eh! pourquoi non, s'il vous plait? Il ne faut pas tant se
recrier.
Mme. ARGANTE.
Je suis assez comme monsieur le Comte; la chose me paroit singuliere.
MARTON.
Ma foi, Madame, sans vanite, on en peint tous les jours, et des plus
huppees,[95] qui ne me valent pas.
ARAMINTE.
Et qui est-ce qui a fait cette depense-la pour vous?
MARTON.
Un tres aimable homme qui m'aime, qui a de la delicatesse et des
sentiments, et qui me recherche; et, puisqu'il faut vous le nommer, c'est
Dorante.
ARAMINTE.
Mon intendant?
MARTON.
Lui-meme.
Mme. ARGANTE.
Le fat, avec ses sentiments!
ARAMINTE, _brusquement_.
Eh! vous nous trompez; depuis qu'il est ici, a-t-il en le temps de vous
faire peindre?
MARTON.
Mais ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il me connoit.
ARAMINTE, _vivement_.
Donnez donc.
MARTON.
Je n'ai pas encore ouvert la boite, mais c'est moi que vous y allez voir.
(_Araminte l'ouvre, tous regardent_).
LE COMTE.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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