A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
Comedy plays
Que veux-tu, Arlequin?
ARLEQUIN.
Ne sauriez-vous pas ou demeure[136] la rue du Figuier,[137] Mademoiselle?
MARTON.
Oui.
ARLEQUIN.
C'est que mon camarade, que je sers, m'a dit de porter cette lettre a
quelqu'un qui est dans cette rue, et, comme je ne la sais[138] pas, il m'a
dit que je m'en informasse a vous ou a cet animal-la; mais cet animal-la
ne merite pas que je lui en parle, sinon pour l'injurier. J'aimerois mieux
que le diable eut emporte toutes les rues que d'en savoir une par le moyen
d'un malotru comme lui.
DUBOIS, _a Marton, a part_.
Prenez la lettre. (_Haut._) Non, non, Mademoiselle, ne lui enseignez rien;
qu'il galope.
ARLEQUIN.
Veux-tu te taire?
MARTON, _negligemment_.
Ne l'interrompez donc point, Dubois. Eh bien! veux-tu me donner ta lettre?
Je vais envoyer dans ce quartier-la, et on la rendra[139] a son adresse.
ARLEQUIN.
Ah! voila qui est bien agreable! Vous etes une fille de bonne amitie,
Mademoiselle.
DUBOIS, _s'en allant_.
Vous etes bien bonne d'epargner de la peine a ce faineant-la.
ARLEQUIN.
Ce malhonnete! Va, va trouver le tableau, pour voir comme il se moque de
toi.
MARTON, _seule avec Arlequin_.
Ne lui reponds rien; donne ta lettre.
ARLEQUIN.
Tenez, Mademoiselle; vous me rendrez[140] un service qui me fait grand
bien. Quand il y aura a trotter pour votre serviable personne, n'ayez
point d'autre postillon que moi.
MARTON.
Elle sera rendue exactement.
ARLEQUIN.
Oui, je vous recommande l'exactitude, a cause de monsieur Dorante, qui
merite toutes sortes de fidelites.
MARTON, _a part_.
L'indigne!
ARLEQUIN, _s'en allant_.
Je suis votre serviteur eternel.
MARTON.
Adieu.
ARLEQUIN, _revenant_.
Si vous le rencontrez, ne lui dites point qu'un autre galope a ma place.
SCENE IV.
Mme. ARGANTE, LE COMTE, MARTON.
MARTON, _un moment seule_.
Ne disons mot que je n'aie vu[141] ce que ceci contient.
Mme. ARGANTE.
Eh bien! Marton, qu'avez-vous appris de Dubois?
MARTON.
Rien que ce que vous saviez deja, Madame, et ce n'est pas assez.
Mme. ARGANTE.
Dubois est un coquin qui nous trompe.
LE COMTE.
Il est vrai que sa menace paroissoit signifier quelque chose de plus.
Mme. ARGANTE.
Quoi qu'il en soit, j'attends monsieur Remy, que j'ai envoye chercher; et,
s'il ne nous defait pas de cet homme-la, ma fille saura qu'il ose l'aimer,
je l'ai resolu. Nous en avons les presomptions[142] les plus fortes, et,
ne fut-ce que par bienseance, il faudra bien qu'elle le chasse. D'un autre
cote, j'ai fait venir l'intendant que monsieur le Comte lui proposoit. Il
est ici, et je le lui presenterai sur le champ.
MARTON.
Je doute que vous reussissiez, si nous n'apprenons rien de nouveau; mais
je tiens peut-etre son conge, moi qui vous parle... Voici monsieur Remy:
je n'ai pas le temps de vous en dire davantage, et je vais m'eclaircir.
(_Elle veut sortir._)
SCENE V.
M. REMY, Mme. ARGANTE, LE COMTE, MARTON.
M. REMY, _a Marton, qui se retire_.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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