A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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L'objet secret de sa tendresse! Oh! oui, tres secret, je pense. Ah! ah! je
ne me croyois pas si dangereuse a voir. Mais, des que vous devinez de
pareils secrets, que ne devinez-vous que tous mes gens sont comme lui?
Peut-etre qu'ils m'aiment aussi: que sait-on? Monsieur Remy, vous qui me
voyez assez souvent, j'ai envie de deviner que vous m'aimez aussi.
M. REMY.
Ma foi, Madame, a l'age de mon neveu, je ne m'en tirerois pas mieux qu'on
dit qu'il s'en tire.
Mme. ARGANTE.
Ceci n'est pas matiere a plaisanterie, ma fille. Il n'est pas question de
votre monsieur Remy; laissons-la ce bonhomme, et traitons la chose un peu
plus serieusement. Vos gens ne vous font pas peindre, vos gens ne se
mettent point a contempler vos portraits, vos gens n'ont point l'air
galant, la mine doucereuse.
M. REMY, _a Araminte_.
J'ai laisse passer le "bonhomme" a cause de vous, au moins; mais le
"bonhomme" est quelquefois brutal.
ARAMINTE.
En verite, ma mere, vous seriez la premiere a vous moquer de moi si ce que
vous me dites me faisoit la moindre impression; ce seroit une enfance[151]
a moi que de le renvoyer sur un pareil soupcon. Est-ce qu'on ne peut me
voir sans m'aimer? Je n'y saurois que faire; il faut bien m'y accoutumer,
et prendre mon parti la-dessus. Vous lui trouvez l'air galant, dites-vous?
Je n'y avois pas pris garde, et je ne lui en ferai point un reproche. Il y
auroit de la bizarrerie a se facher de ce qu'il est bien fait. Je suis
d'ailleurs comme tout le monde: j'aime assez les gens de bonne mine.
SCENE VII.
ARAMINTE, Mme. ARGANTE, M. REMY, LE COMTE, DORANTE.
DORANTE.
Je vous demande pardon, Madame, si je vous interromps. J'ai lieu de
presumer que mes services ne vous sont plus agreables, et, dans la
conjoncture presente, il est naturel que je sache mon sort.
Mme. ARGANTE, _ironiquement_.
Son sort! Le sort d'un intendant: que cela est beau!
M. REMY.
Et pourquoi n'auroit-il pas un sort?
ARAMINTE, _d'un air vif, a sa mere_.
Voila des emportements qui m'appartiennent. (_A Dorante._) Quelle est
cette conjoncture, Monsieur, et le motif de votre inquietude?
DORANTE.
Vous le savez, Madame. Il y a quelqu'un ici que vous avez envoye chercher
pour occuper ma place.
ARAMINTE.
Ce quelqu'un-la est fort mal conseille. Desabusez-vous: ce n'est point moi
qui l'ai fait venir.
DORANTE.
Tout a contribue a me tromper, d'autant plus que mademoiselle Marton vient
de m'assurer que dans une heure je ne serois plus ici.
ARAMINTE.
Marton vous a tenu un fort sot discours.
Mme. ARGANTE.
Le terme est encore trop long: il devroit en sortir tout a l'heure.[152]
M. REMY, _comme a part_.
Voyons par ou cela finira.
ARAMINTE.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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