A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
Comedy plays
Ecoutez le reste: _Mon fils sait combien l'engagement qu'il va prendre est
serieux, et il espere, dit-il, sous ce deguisement de peu de duree, saisir
quelques traits du caractere de notre future[47] et la mieux connaitre,
pour se regler ensuite sur ce qu'il doit faire, suivant la liberte que
nous sommes convenus de leur laisser. Pour moi, qui m'en fie bien a ce que
vous m'avez dit de votre aimable fille, j'ai consenti a tout, en prenant
la precaution de vous avertir, quoiqu'il m'ait demande le secret de votre
cote. Vous en userez la-dessus avec la future comme vous le jugerez a
propos...._ Voila ce que le pere m'ecrit. Ce n'est pas le tout;[48] voici
ce qui arrive: c'est que votre soeur, inquiete de son cote sur le
chapitre[49] de Dorante, dont elle ignore le secret, m'a demande de jouer
ici la meme comedie, et cela, precisement pour observer Dorante, comme
Dorante veut l'observer. Qu'en dites-vous? Savez-vous rien de plus
particulier que cela? Actuellement la maitresse et la suivante se
travestissent. Que me conseillez-vous, Mario? Avertirai-je votre soeur, ou
non?
MARIO.
Ma foi, Monsieur, puisque les choses prennent ce train-la, je ne voudrois
pas les deranger, et je respecterois l'idee qui leur est inspiree[50] a
l'un et a l'autre. Il faudra bien qu'ils se parlent souvent tous deux sous
ce deguisement. Voyons si leur coeur ne les avertiroit[51] pas de ce
qu'ils valent. Peut-etre que Dorante prendra du gout pour ma soeur, toute
soubrette qu'elle sera, et cela seroit charmant pour elle.
M. ORGON.
Nous verrons un peu comment elle se tirera d'intrigue.[52]
MARIO.
C'est une aventure qui ne sauroit manquer de nous divertir. Je veux me
trouver au debut et les agacer[53] tous deux.
SCENE V.
SILVIA, M. ORGON, MARIO.
SILVIA.
Me voila, Monsieur: ai-je mauvaise grace en femme de chambre? Et vous, mon
frere, vous savez de quoi il s'agit, apparemment... Comment me trouvez-
vous?
MARIO.
Ma foi, ma soeur, c'est autant de pris que le valet;[54] mais tu pourrois
bien aussi escamoter Dorante a ta maitresse.
SILVIA.
Franchement, je ne hairois pas de lui plaire sous le personnage que je
joue; je ne serois pas fachee de subjuguer sa raison, de l'etourdir[55] un
peu sur la distance qu'il y aura de lui a moi. Si mes charmes font ce
coup-la, ils me feront plaisir; je les estimerai. D'ailleurs, cela
m'aiderait a demeler Dorante. A l'egard de son valet, je ne crains pas ses
soupirs; ils n'oseront m'aborder; il y aura quelque chose dans ma
physionomie qui inspirera plus de respect que d'amour a ce faquin-la.
MARIO.
Allons, doucement, ma soeur: ce faquin-la sera votre egal...
M. ORGON.
Et ne manquera pas de t'aimer.
SILVIA.
Eh bien! l'honneur de lui plaire ne me sera pas inutile. Les valets sont
naturellement indiscrets; l'amour est babillard, et j'en ferai l'historien
de son maitre.
UN VALET.
Monsieur, il vient d'arriver un domestique qui demande a vous parler; il
est suivi d'un crocheteur[56] qui porte une valise.
M. ORGON.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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