A Short History of French LiteratureSaintsbury, George
History
A Short History of French Literature
Saintsbury, George
French literature -- History and criticism
Et par dieu, je li plevis,
Que tres loyal, se je vis,
Li seray, si ne chancelle;
Sui-je, sui-je, sui-je belle?
Se courtois est et gentilz,
Vaillains, apers, bien apris,
Il gaignera sa querelle;
Dictes moy se je sui belle.
C'est uns mondains paradiz
Que d'avoir dame toudiz,
Ainsi fresche, ainsi nouvelle;
Sui-je, sui-je, sui-je belle?
Entre vous, acouardiz,
Pensez a ce que je diz;
Cy fine ma chansonnelle;
Sui-je, sui-je, sui-je belle?
ALAIN CHARTIER.
O folz des folz, et les folz mortelz hommes,
Qui vous fiez tant es biens de fortune
En celle terre, es pays ou nous sommes,
Y avez-vous de chose propre aucune?
Vous n'y avez chose vostre nes-une,
Fors les beaulx dons de grace et de nature.
Se Fortune donc, par cas d'adventur
Vous toult les biens que vostres vous tenez,
Tort ne vous fait, aincois vous fait droicture,
Car vous n'aviez riens quant vous fustes nez.
Ne laissez plus le dormir a grans sommes
En vostre lict, par nuict obscure et brune,
Pour acquester richesses a grans sommes.
Ne convoitez chose dessoubz la lune,
Ne de Paris jusques a Pampelune,
Fors ce qui fault, sans plus, a creature
Pour recouvrer sa simple nourriture.
Souffise vous d'estre bien renommez,
Et d'emporter bon loz en sepulture:
Car vous n'aviez riens quant vous fustes nez.
Les joyeulx fruictz des arbres, et les pommes,
Au temps que fut toute chose commune,
Le beau miel, les glandes et les gommes
Souffisoient bien a chascun et chascune:
Et pour ce fut sans noise et sans rancune.
Soyez contens des chaulx et des froidures,
Et me prenez Fortune doulce et seure.
Pour vos pertes, griefve dueil n'en menez,
Fors a raison, a point, et a mesure,
Car vous n'aviez riens quant vous fustes nez.
Se Fortune vous fait aucune injure,
C'est de son droit, ja ne l'en reprenez,
Et perdissiez jusques a la vesture:
Car vous n'aviez riens quant vous fustes nez.
CHARLES D'ORLEANS.
Le temps a laissie son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.
Il n'y a beste, ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie:
Le temps a laissie son manteau
De vent, de froidure et de pluye.
Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d'argent d'orfavrerie,
Chascun s'abille de nouveau:
Le temps a laissie son manteau.
FOOTNOTES:
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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