Et cependant depuis 1835 de nouveaux capitaux ont été versés dans
l’Industrie Cotonnière, sans doute parce qu’il semblait à chacun que
le gouvernement ne pouvait différer longtemps de se conformer à la
politique commerciale que lui avaient tracée les Chambres en plusieurs
circonstances, et notamment dans la séance du 10 Septembre. A compter
de cette époque, les procédés des filateurs et des imprimeurs furent
améliorés, renouvelés en partie; des voyages d’observation entrepris
à l’étranger pour mettre le pays quant aux méthodes et aux machines
au niveau de ses concurrents. Et remarquez-le bien, Messieurs les
Représentants, ces dépenses ont été faites, non dans des espérances
de bénéfices, il ne nous a pas été possible d’en faire; mais nous
agissions dans un esprit de conservation; c’est pour l’intérêt de notre
existence même que nous faisions ces efforts. Et c’est ce qui explique
comment le nombre des Power-Looms s’est considérablement accru.
C’est aussi ce qui explique les perfectionnements de détail introduits
dans les filatures et dans les fabriques d’impressions. Plus d’une
fois, ceux-là même qui obéissant à des préventions inspirées par
des doctrines creuses et subversives de toute prospérité, se sont
constitués les adversaires de l’Industrie Cotonnière, l’ont reconnu;
seulement ils ont prétendu en tirer argument contre nous. Ils ont dit
que toutes ces améliorations étaient un indice de prospérité; qu’elles
allaient ouvrir la voie à de nouveaux profits; qu’ainsi le régime
douanier auquel est soumise notre branche d’industrie était excellent;
qu’il fallait se garder d’y porter atteinte. On n’a malheureusement que
trop obéi à ces inspirations!
Les faits, mais des faits irrécusables détruisent de fond en comble ces
chimériques assertions.
De 1829 à 1838, l’Industrie Cotonnière a suivi en Angleterre, en
France, en Allemagne, aux Etats-Unis, une marche ascensionnelle
accablante pour notre pays, lors-qu’on la compare à l’état dans lequel
nous sommes restés. L’accroissement roule de 50 à 75 p. c., suivant des
calculs officiels que nous publierons plus tard. Et malgré l’influence
que l’accroissement de la population a du avoir sur la consommation
intérieure, la Belgique est en 1838, au-dessous de la production de
1829; au-dessous non seulement pour les profits, ceci est hors de
doute, mais même pour l’importance.
Permettez-nous d’appeler votre attention sur d’autres circonstances de
détail, mais qui vont rendre notre démonstration plus frappante.
Il y avait à Bruxelles en 1830, quatre filatures de premier ordre en
activité. En 1839, il n’en reste qu’une et celle-là même ne marche pas
encore.
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