Collections and RecollectionsRussell, George William Erskine
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Russell, George William Erskine
England -- Social life and customs -- 19th century
Nous avons dit plus haut que M.G.W.E. Russell avait connu beaucoup
d'hommes marquants de ce siècle, et avait eu avec eux des relations
personnelles. Il en fut de toutes sortes; leurs opinions religieuses et
politiques étaient souvent très opposées, mais tous étaient au nombre
des, notabilités du jour. Sur chacun d'eux, notre auteur donne son
impression personnelle, et rappelle des souvenirs personnels ou des
anecdotes intéressantes. Nous ne pouvons les passer tous en revue: mais
on en peut citer quelques-uns.
Sir Moses Montefiore ne fut pas le plus célèbre: mais il avait une
spécialité. Né en 1784, il mourut en 1885, ayant été toute sa vie un
objet d'horreur pour les _teetotallers_; car de quel oeil en vérité
pouvaient-ils considérer un homme qui buvait chaque jour une bouteille
de porto, et à qui la Providence permettait de se bien porter? C'était
indécent...
Une physionomie plus curieuse était celle de Lord Russell, plein
d'anecdotes, spirituel, souvent froid en apparence, à l'occasion
éloquent. A une dame qui demandait la permission de lui dédier un livre,
il répliquait qu'à son grand regret il se voyait obligé de refuser:
"parce que, comme chancelier de l'Université d'Oxford, il avait été très
exposé aux auteurs."
Pour un chef politique, il avait un grave défaut. Sa mémoire des visages
était très faible. Il se rencontra une fois en Ecosse chez un ami commun
avec le jeune Lord D...., depuis comte de S.... Le jeune homme lui plut
par sa personne et par ses opinions _whig_. Quand vint l'heure de la
séparation, Lord John dit à Lord D.... tout le plaisir qu'il avait eu à
faire sa connaissance, et ajouta: "Maintenant il faut que vous veniez me
donner votre appui à la Chambre des communes." "Mais je ne fais pas
autre chose depuis dix ans," répondit le jeune politicien. Son chef ne
l'avait pas reconnu. Avec cela des distractions qui auraient pu le faire
croire dénué d'éducation alors qu'il n'était que dénué d'artifice.
Etant assis un soir à un concert à Buckingham Palace, aux côtés de la
duchesse de Sutherland, il se leva tout à coup, et s'en fut au fond de
la pièce, où il s'assit auprès de la duchesse d'Inverness. La chose fut
remarquée, et l'on soupçonna quelque querelle, aussi fut-il interrogé
par un ami sur la cause de son attitude, et il répondit et toute
sincérité: "Je ne pouvais rester plus longtemps auprès d'un feu aussi
vif: je me serais évanoui." "Ah! très bien: la raison est bonne en
effet, mais au moins avez-vous dit à la duchesse de Sutherland la raison
de votre changement de place?" "Tiens, non, je ne crois pas le lui avoir
dit: mais j'ai dit à la duchesse d'Inverness pourquoi je venais
m'asseoir près d'elle."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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