Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Le temps passa vite, trop vite, et quand le petit garçon eut sept ans,
le corbeau arriva, et disparut aussitôt avec l'enfant royal.
Le corbeau transporta le petit prince dans une vallée profonde,
inconnue, solitaire, et le donna à un pauvre homme qui demeurait là avec
sa femme et sa petite fille, qui n'avait que cinq ans, mais qui était
très avisée.
Les deux enfants étaient très heureux ensemble. Le père et la petite
fille aimaient beaucoup le petit prince, mais la mère ne l'aimait pas,
et elle le maltraitait beaucoup, car elle était méchante et un peu
sorcière.
Un jour cette femme dit à son mari: "Jean est trop avisé; il faut nous
débarrasser de lui."
L'homme protesta en vain; la femme appela Jean, et dit: "Jean, vous êtes
grand maintenant, mais vous ne travaillez pas assez. Il faut que vous
abattiez cette forêt, d'ici à demain, et que vous bâtissiez un pont qui
chantera quand je passerai dessus."
Le pauvre Jean était très triste. Il appela sa petite amie Catherine, et
dit: "Catherine, votre mère est bien cruelle! Elle dit qu'il faut que
j'abatte la forêt, d'ici à demain, et que je bâtisse un pont qui
chantera quand elle passera dessus."
"Oh!" dit la petite Catherine; "allez vous coucher, mon cher Jean. Cette
tâche n'est pas difficile. Je vous aiderai, mais faites bien attention
de ne pas boire le lait que ma mère vous donnera demain matin."
Jean alla se coucher tranquillement, et la petite fille, qui était un
peu sorcière aussi, courut à la forêt, évoqua les esprits, leur commanda
d'abattre la forêt et de bâtir un pont qui chanterait quand sa mère
passerait dessus.
Le lendemain matin Jean se présenta devant la femme, et dit: "C'est
fait!"
"Ah! très-bien, mon bon enfant; voici du lait; buvez-le," dit la femme.
Mais Jean, qui n'avait pas oublié la recommandation de Catherine, ne but
pas le lait.
La femme était fâchée, et elle dit à son mari: "Mon mari, Jean est trop
avisé; il faut nous débarrasser de lui."
L'homme, qui aimait Jean, protesta, mais en vain, et la femme dit à
Jean:
"Cette nuit vous irez dans l'écurie, où vous trouverez six chevaux.
Sellez et bridez ces chevaux, et faites-les trotter."
Jean était très content parce qu'il croyait (pensait) que c'était très
facile, mais Catherine dit: "Jean, ce n'est pas facile, car un de ces
chevaux est ma mère elle-même. Mais si vous prenez ces six brides
magiques, la chose sera facile."
Jean prit les brides que Catherine lui donna; il brida et sella les six
chevaux, il les fit trotter toute la nuit, et avant de rentrer il les
conduisit à la forge où il les fit ferrer.
Le lendemain matin quand la méchante femme se réveilla, elle poussa des
cris terribles, car elle avait des fers aux mains et aux pieds. Elle
était furieuse, et elle dit avec rage: "Ce misérable Jean périra, ce
misérable périra!"
Catherine, en entendant ces menaces, dit à Jean:
"Partons, fuyons, ma mère est furieuse. Si nous restons ici, elle nous
tuera tous les deux!"
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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