Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
General
Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Le père regarda attentivement, et dit enfin: "C'est curieux, mais je
crois distinguer deux montagnes. On dirait une île. Je n'ai jamais
entendu parler d'une île dans cette direction-là!"
"Oh, papa," dit la petite fille, "s'il y a une île là, peut-être qu'elle
est habitée. Peut-être que notre frère Godefroi est là, sur cette île,
car c'est dans cette direction-là que la tempête a emporté le bateau."
Le père, qui avait eu la même pensée, commença à trembler. Enfin il dit:
"C'est possible, mon enfant, c'est possible. Rentrons vite à la maison.
Je parlerai au bon voisin Thomas. Il me prêtera peut-être son bateau à
voile, et j'irai à cette île!"
Les enfants descendirent la montagne, et s'embarquèrent vite. Arrivés à
la maison, les enfants et le père racontèrent ce qu'ils avaient vu, et
le coeur de la pauvre mère battit plus fort de joie.
"Va vite chez le voisin Thomas," dit-elle à son mari. "Il a un bateau à
voile. Il est compatissant; il nous aidera, j'en suis sûre!"
Le père alla chez Thomas, et lui raconta tout. "C'est possible," dit
Thomas. "Et demain matin, si le temps est favorable, nous partirons,
vous et moi, et mon voisin Jean, et nous irons à cette île."
Le lendemain ils partirent par un temps magnifique, et avant le coucher
du soleil, ils arrivèrent tout près de l'île. L'île paraissait déserte.
Il n'y avait pas un signe d'habitation. Il n'y avait plus de fumée.
"L'île est déserte!" dit Thomas tristement. "Elle est complètement
déserte."
Le père de Godefroi regarda aussi tristement ces rochers inhospitaliers,
mais il dit: "Il est tard; débarquons, et nous chercherons dans l'île.
Peut-être que le corps de mon pauvre enfant a été jeté ici."
Ils débarquèrent et commencèrent à chercher. Enfin ils arrivèrent dans
la petite vallée, toute noircie par le feu de la veille (jour avant). Là
ils virent un moine à genoux. Le père s'approcha, et dit d'une voix
tremblante: "Mon père, mon brave ermite, avez-vous vu un petit garçon
nommé Godefroi..."
Le père ne put finir, car le moine s'était précipité dans ses bras. Ce
moine, cet ermite, c'était Godefroi lui-même!
Après quelques minutes de grande émotion Godefroi raconta ses aventures
à son père. Il lui raconta comment il était arrivé à l'île, comment il
avait fabriqué des lignes et des hameçons, comment il avait passé le
long hiver. Il lui dit combien il avait travaillé pour faire une grande
provision de bois pour son second hiver, et il décrivit son désespoir
quand il découvrit que le feu avait tout détruit.
"J'ai pensé que Dieu m'avait abandonné," dit Godefroi.
"Oh! mon fils," dit le père, "au contraire! Car, sans cet accident, ta
petite soeur n'aurait pas remarqué cette île, nous n'aurions pas pensé
que peut-être la tempête t'y avait jeté, et nous ne serions pas venus
ici aujourd'hui pour te trouver!"
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account