“Cejourd’hui douze février mil sept cent quatre-vingt-treize,
l’an deuxième de la République française, dix heures du matin,
nous, Claude-Louis Thuiller, juge de paix de la section du
Théâtre-Français, dite de Marseille, à Paris, sur ce que
nous avons appris que la citoyenne Antoinette-Gabrielle
Charpentier, épouse du citoyen Georges-Jacques Danton, député
à la Convention Nationale, était décédée le jour d’hier
en son appartement, rue des Cordeliers, cour du Commerce,
dans l’étendue de notre section, et attendu que ledit
citoyen Danton est absent par commission nationale, nous
sommes transporté avec le citoyen Antoine-Marie Berthout,
notre secrétaire-greffier ordinaire, en une maison sise à
Paris, rue des Cordeliers, cour du Commerce, et parvenus à
l’entrée de l’escalier qui conduit à l’appartement dudit
citoyen Danton, nous avons trouvé des prêtres de la paroisse
de Saint-André-des-Arts et le cortège qui accompagnait
l’enlèvement du corps de la d. Charpentier, épouse dudit
citoyen Danton, et étant montés au premier étage au-dessus de
l’entresol et entrés dans l’appartement dudit citoyen, dans un
salon ayant vue sur la rue des Cordeliers, nous y avons trouvé
et par-devant nous est comparue la citoyenne Marie Fougerot,
fille domestique dudit citoyen Danton.—Laquelle nous a dit
que ladite citoyenne Antoinette-Gabrielle Charpentier, épouse
dudit citoyen Danton, est décédée dans la nuit du dimanche
au lundi dernier en l’appartement où nous sommes, par suite
de maladie; que ledit Danton est absent par commission de la
Convention Nationale; que la mère de ladite défunte Charpentier
a envoyé chercher hier son fils encore en bas âge, qu’elle
comparante, le citoyen Jacques Fougerot, son frère qui, depuis
quinze jours, habite la maison où nous sommes, et la citoyenne
Catherine Motin, aussi fille domestique dudit citoyen Danton,
sont les seuls qui restent dans l’appartement dudit Danton;
que les clefs des meubles et effets étant dans l’appartement
où nous sommes ont été prises et emportées par la mère de
ladite défunte Charpentier qui était présente à ses derniers
moments; qu’elle vient d’envoyer chercher lesdites clefs chez
le citoyen Charpentier, qui demeure quai de l’École. Et a signé
M. Fougerot.
“A l’instant est comparu le citoyen François-Jérôme
Charpentier, demeurant à Paris, quai de l’École, nᵒ 3, section
du Louvre.—Lequel nous a représenté un paquet de clefs.”
(_a_) EXTRACTS FROM THE “APPOSITION DES SCELLÉS” BY M. THUILLER, JUSTICE
OF THE PEACE, ON FEBRUARY 12, 1793, AND FROM THE “VACATIONS” BY THE SAME.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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