Un aperçu des délibérations du conseil exécutif nous a montré,
d’un côté, des travaux incohérens qui n’ont pu avoir aucune
espèce de succès à cause des évènemens qui les dominaient;
de l’autre, des négligences funestes et des fautes graves
que les évènemens suivants ont mieux fait sentir. Depuis
les bouches de l’Escaut, ouvertes par un usurpation de la
puissance souveraine, jusqu’aux extrémités de la Méditerranée,
qui ont été le théâtre de nos revers, et de la versatilité
ministérielle, nous n’avons vu ni cette suite d’opérations
qui assurent les succès, ne cette prévoyance des mesures qui
diminuent les revers. Point d’ensemble, point de conceptions
vastes, point de vues hardies, point de plan arrêté, point
d’énergie, et partout la terreur de la responsabilité, marchant
en avant du ministère, tandis qu’il s’agit de marcher fièrement
à la liberté, sans regarder en arrière.
Au mois d’octobre, la résistance à l’ennemi avait donné des
conceptions et des forces au conseil exécutif.
Les succès du mois de novembre ont amolli le conseil. Jemmappes
a été pour les ministres (_sic_) la Capoue qui a détruit son
énergie et atténué ses travaux.
Le département de l’intérieur, machine trop lourde, trop
compliquée pour un homme, quand il serait plein de talens
et de moyens d’exécution, avait refroidi pendant longtemps
l’esprit public et engourdi les corps administratifs. Il
était impossible que la main d’un seul homme pût remuer cette
machine énorme surchargée de details, d’une administration
immense, d’opérations mercantiles dont le succès est douteux,
dont le résultat exige de grands sacrifices, et dont le secret
appelle la défiance. La seule ressource que ce ministère
disproportionné pouvait trouver, était dans les administrateurs
départementaires, dont la plupart, insoucians sur les travaux
qui leur sont confiés, négligent de correspondre, ou dont la
conduite exagérée et sans mesure leur faisait méconnaître toute
subordination.
Le département de la guerre, dans lequel chaque ministre a
porté ses préjugés et ses assertions, ses routines et ses
haînes; le ministère de la guerre désorganisé sans cesse par la
fréquente mutation de ses agens et par la diversité de leurs
principes ou de leurs opinions, présentait et présent encore un
chaos inextricable, des abus sans nombre, et une impuissance
réelle dans tout homme que ne serait pas né très actif dans
la manière d’ordonner et entreprenant sur tous les moyens de
défense.
In what follows note the hand of Danton, almost his phraseology in the
second paragraph.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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