Democracy in America — Volume 2Tocqueville, Alexis de
Philosophy
Democracy in America — Volume 2
Tocqueville, Alexis de
Democracy -- United States; United States -- Politics and government; United States -- Social conditions
"Mon Dieu, ma fille, que votre lettre d'Aix est plaisante! Au moins
relisez vos lettres avant que de les envoyer; laissez-vous surpendre a
leur agrement, et consolez-vous par ce plaisir de la peine que vous avez
d'en tant ecrire. Vous avez donc baise toute la Provence? il n'y aurait
pas satisfaction a baiser toute la Bretagne, a moins qu'on n'aimat a
sentir le vin. . . . Voulez-vous savoir des nouvelles de Rennes? On a
fait une taxe de cent mille ecus sur le bourgeois; et si on ne trouve
point cette somme dans vingt-quatre heures, elle sera doublee et
exigible par les soldats. On a chasse et banni toute une grand rue, et
defendu de les recueillir sous peine de la vie; de sorte qu'on voyait
tous ces miserables, veillards, femmes accouchees, enfans, errer en
pleurs au sortir de cette ville sans savoir ou aller. On roua avant-hier
un violon, qui avait commence la danse et la pillerie du papier timbre;
il a ete ecartele apres sa mort, et ses quatre quartiers exposes aux
quatre coins de la ville. On a pris soixante bourgeois, et on commence
demain les punitions. Cette province est un bel exemple pour les autres,
et surtout de respecter les gouverneurs et les gouvernantes, et de ne
point jeter de pierres dans leur jardin." *a
[Footnote a: To feel the point of this joke the reader should recollect
that Madame de Grignan was Gouvernante de Provence.] "Madame de Tarente
etait hier dans ces bois par un temps enchante: il n'est question ni de
chambre ni de collation; elle entre par la barriere et s'en retourne de
meme. . . ."
In another letter she adds:--
"Vous me parlez bien plaisamment de nos miseres; nous ne sommes plus si
roues; un en huit jours, pour entretenir la justice. Il est vrai que la
penderie me parait maintenant un refraichissement. J'ai une tout autre
idee de la justice, depuis que je suis en ce pays. Vos galeriens me
paraissent une societe d'honnetes gens qui se sont retires du monde pour
mener une vie douce."
It would be a mistake to suppose that Madame de Sevigne, who wrote these
lines, was a selfish or cruel person; she was passionately attached
to her children, and very ready to sympathize in the sorrows of her
friends; nay, her letters show that she treated her vassals and servants
with kindness and indulgence. But Madame de Sevigne had no clear notion
of suffering in anyone who was not a person of quality.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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