Entretiens / Interviews / EntrevistasLebert, Marie
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Entretiens / Interviews / Entrevistas
Lebert, Marie
Internet; World Wide Web
On peut imaginer qu'un auteur puisse faire enregistrer ses logiciels de création
auprès d'un organisme et obtienne en échange une clef numérique (signature
individuelle) qui soit automatiquement apposée dans ses fichiers. Une autre
solution consisterait en un dépôt - type SACEM (Société des auteurs,
compositeurs et éditeurs de musique) ou SCAM (Société civile des auteurs
multimédia) ou SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) ou SESAM
(Gestion des droits des auteurs dans l'univers multimédia) - qui fasse
antériorité, mais c'est une solution de protection et non pas un procédé de
signature...
Peut-être existe-t-il une question prélable cachée dans celle-ci: ne faut-il pas
à l'heure du numérique, et en regard de ce que Julia Kristeva a appelé
l'intertextualité, redéfinir la notion et le terme d'auteur?
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue? Quelles solutions
pratiques suggérez-vous?
Les systèmes d'exploitation se dotent peu à peu des kits de langues et bientôt
peut-être de polices de caractères Unicode à même de représenter toutes les
langues du monde; reste que chaque application, du traitement de texte au
navigateur web, emboîte ce pas.
Les difficultés sont immenses: notre clavier avec ses ± 250 touches avoue ses
manques dès lors qu'il faille saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire
encore avec la langue chinoise.
La grande variété des systèmes d'écritures de par le monde et le nombre de leurs
signes font barrage. Mais les écueils culturels ne sont pas moins importants,
liés aux codes et modalités de représentation propres à chaque culture ou
ethnie.
L'anglais s'impose sans doute parce qu'il est devenu la langue commerciale
d'échange généralisée; il semble important que toutes les langues puissent
continuer à être représentées parce que chacune d'elle est porteuse d'une vision
"singulière" du monde.
La traduction simultanée (proposée par AltaVista par exemple) ou les versions
multilingues d'un même contenu me semblent aujourd'hui les meilleures réponses
au danger de pensée unique que représenterait une seule langue d'échange.
Peut-être appartient-il aux éditeurs des systèmes d'exploitation (ou de
navigateurs?) de proposer des solutions de traduction partielle, avec toutes les
limites connues des systèmes automatiques de traduction...
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Je n'ai pas de souvenir unique mais plutôt des événements marquants: avoir pu
contacter et converser par e-mail avec des inconnus dont j'avais lu les travaux,
avoir vu des travaux d'amis publiés en livre alors qu'ils étaient écrits
initialement et après qu'ils aient existé d'abord pour le web, avoir échangé des
vidéos et des photos de famille à l'autre bout du monde en quelques secondes.
Quelques instants fugaces de babillard avec des Canadiens perdus dans les grands
froids.
= Et votre pire souvenir?
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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