Entretiens / Interviews / EntrevistasLebert, Marie
Science
Entretiens / Interviews / Entrevistas
Lebert, Marie
Internet; World Wide Web
Dans mon travail d'écriture traditionnelle, je me sers du papier comme d'une
étape intermédiaire. En imprimant ce que j'ai tapé sur l'ordinateur, je
visualise mieux (mets à distance) le premier jet, afin de mieux le retravailler.
Puis retour sur écran, et re-impression sur papier, autant de fois qu'il le
faut.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Il y a beaucoup de choses qui pourront se passer du papier, comme les annuaires,
les guides, etc...
Le livre-papier reste encore un objet désirable (oui, il faut mettre en avant ce
concept d'avoir du désir pour un livre et toujours se poser la question "depuis
combien de temps n'ai-je pas eu du désir pour un livre?"). Par contre, ce qui a
été créé pour et par ordinateur ne gagnera rien à être transféré sur papier. Il
ne sert à rien d'opposer les deux médias. On élève toujours des chevaux, même si
la voiture rend des services plus performants. Feuilleter un livre, c'est une
impression physique, dans laquelle la performance n'a rien à voir.
Explorer ludiquement un écran, c'est une joie également.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Pour l'instant, je trouve ça moche, et peu pratique. Nous n'en sommes qu'au
début. L'argument selon lequel on pourrait disposer de plusieurs livres
simultanément me semble un peu fallacieux. Quand on est un lecteur, on veut lire
UN livre et pas trente-six à la fois. Ce livre, on l'a choisi, on le désire.
Quand on en veut un autre, on en prend un autre. Il y a le cas des expéditions
lointaines. Oui... mais est-ce vraiment un argument? Il ne faut pas se laisser
prendre aux arguments des vendeurs de gadgets électroniques.
= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur
le web?
Il y a deux choses.
Le web ne doit pas être un espace de non-droit, et c'est un principe qui doit
s'appliquer à tout, et notamment au droit d'auteur. Toute utilisation
commerciale d'une oeuvre doit ouvrir droit à rétribution.
Mais également, le web est un lieu de partage. Echanger entre amis des passages
d'un texte qui vous a plu, comme on peut recopier des passages d'un livre
particulièrement apprécié, pour le faire aimer, cela ne peut faire que du bien
aux oeuvres, et aux auteurs. La littérature souffre surtout de ne pas être
diffusée. Tout ce qui peut concourir à la faire sortir de son ghetto sera
positif.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Une interconnexion de tous, partout. Avec le libre accès à des banques de
données, pour insuffler également du contenu dans les échanges interpersonnels.
= Et la société de l'information?
La circulation de l'information en temps réel. La connaissance immédiate.
L'oubli immédiat. L'espace saturé d'ondes nous entourant, et nous, corps
humains, devenant peu à peu un simple creux laissé par les ondes, une simple
interconnexion. Corps humains devenant instants de l'information.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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