Entretiens / Interviews / EntrevistasLebert, Marie
Science
Entretiens / Interviews / Entrevistas
Lebert, Marie
Internet; World Wide Web
Le problème est simple. La solution l'est aussi. Avant l'invention du net, les
contrats d'édition ne tenaient pas compte de ce nouveau support, et pour cause.
Cette nouvelle interface fait craindre aux éditeurs la perte de sources de
profits par les risques de copies pirates. Mais quel est ce risque? Est-il réel?
Ce n'est pas un risque de "manque à gagner", c'est une opportunité de promotion.
La plupart des gens qui accèdent à une oeuvre de manière illégale sont des
lecteurs ou auditeurs qui n'auraient sans doute jamais acheté l'oeuvre en
question, parfois même n'en auraient jamais entendu parler! Le simple fait
qu'ils aient l'opportunité de la lire (ou de l'écouter en MP3) - et de la faire
lire ou écouter à leurs amis - constitue de la promotion gratuite, du bouche à
oreille qui participe de la découverte et de la promotion des artistes. Les
grandes maisons de logiciels le savent bien, qui distribuent leurs programmes
entiers, gratuitement pour une période limitée. Ceux qui peuvent les acheter les
achètent, ceux qui ne peuvent pas les utilisent quand même et leur font de la
publicité quand le produit est bon. (Quand le produit n'est pas bon, ils ne
l'auraient pas acheté de toute manière!) Alors, où est le problème? Le seul
problème réside dans les prix prohibitifs pratiqués par les sociétés d'édition,
dans les marges commerciales de produits qui n'ont plus rien à voir avec la
création artistique ou les droits d'auteurs, mais relèvent de marketing, de
parts de marché, de ratios comptables et de marges de profits. Certains artistes
l'ont d'ailleurs parfaitement compris qui mettent leurs oeuvres directement sur
le net.
En matière d'édition numérique, il suffit de créer des droits spécifiques,
distincts des droits relatifs aux éditions ordinaires sur support papier. Le
tatouage des oeuvres lors de l'impression personnelle est un excellent moyen de
limiter la diffusion d'impressions excessives. En même temps, permettre cette
impression pour utilisation personnelle est aussi un excellent moyen de
promotion de l'auteur et de son oeuvre. Même si c'est un exemplaire gratuit. Et
quand cet auteur (ou artiste) deviendra très connu, les mêmes éditeurs papier
qui le boudent se jetteront dessus pour le publier alors qu'ils auraient à peine
lu son manuscrit auparavant!
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le
web?
Je ne sais pas pour les autres langues mais, pour le français, il est certain
que quand nous aurons atteint la proportion américaine de foyers connectés
(50%), nous pourrons espérer une plus grande représentativité sur le web. Pour
l'instant, heureusement qu'il y a les Québécois et les Belges pour maintenir la
présence de la langue française. C'est tout de même un comble.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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