Entretiens / Interviews / EntrevistasLebert, Marie
Science
Entretiens / Interviews / Entrevistas
Lebert, Marie
Internet; World Wide Web
Un énoncé en langue naturelle est représenté par un hypergraphe dont chaque
noeud contient une "UW" (universal word, comme match_with(icl>event) ou
match(icl>thing), formés à partir de mots anglais et dénotant des ensembles plus
ou moins fins d'acceptions), ou un autre graphe, le tout muni d'attributs
booléens (pluralité, modalité, aspects) - chaque arc porte une relation
sémantique (agt, tim, objs). On en est à la version 1.5 de ce standard, il reste
pas mal à faire, mais au moins douze groupes ont construit chacun une centaine
de graphes pour le tester.
La déconversion tourne pour le japonais, le chinois, l'anglais, le portugais,
l'indonésien, et commence à tourner pour le français, l'allemand, le russe,
l'italien, l'espagnol, l'hindi, l'arabe, et le mongol.
Chaque langue a une base lexicale de 30.000 à 120.000 liens UW - lexème.
L'enconversion n'est pas (si on veut de la qualité pour du tout venant) une
analyse classique. C'est une méthode de fabrication de graphes UNL qui suppose
une bonne part d'interaction, avec plusieurs possibilités:
- analyse classique multiple suivie d'une désambiguisation interactive en langue
source,
- entrée sous langage contrôlé,
- encore plus séduisant (et encore pas clair, au niveau recherche pour
l'instant), entrée directe via une interface graphique reliée à la base lexicale
et à la base de connaissances.
Les applications possibles sont:
- courriel multilingue,
- informations multilingues,
- dictionnaires actifs pour la lecture de langues étrangères sur le web,
- et bien sûr TA (traduction automatique) de mauvaise qualité (ce qu'on trouve
actuellement, mais pour tous les couples à cause de l'architecture à pivot) pour
le surf web et la veille.
On travaille actuellement sur les informations sportives sur le web, surtout sur
le foot. On construit une base de documents, où chaque fichier est structuré (à
la HTML) et contient, pour chaque énoncé, l'énoncé original, sa structure UNL,
et autant de traductions qu'on en a obtenu. Un tel document peut être recherché
dans une base en traduisant la question en UNL, puis affiché (le UNL viewer
existe depuis un an) dans autant de fenêtres d'un navigateur web que de langues
sélectionnées.
= Quelles sont les perspectives?
Le projet a un problème de volume: grande surface, pas assez d'épaisseur. Il
faudrait trois à cinq fois plus de monde partout pour que ça avance assez vite
(pour que Microsoft et d'autres ne finissent par tout reprendre et revendre,
alors qu'on vise une utilisation ouverte, du type de ce qu'on fait avec les
serveurs et clients web). Les subventions des sociétés japonaises à l'UNU pour
ce projet (et d'autres) se tarissent à cause de la crise japonaise. Le groupe
central est beaucoup trop petit (quatre personnes qui font le logiciel, le
japonais, l'anglais, l'administration, c'est peu même avec de la
sous-traitance).
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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