Entretiens / Interviews / EntrevistasLebert, Marie
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Entretiens / Interviews / Entrevistas
Lebert, Marie
Internet; World Wide Web
Ces débats sont nécessaires car il s'agit là d'une véritable question de fond.
Il est évident que toute création portée sur support électronique est copiable.
Malgré toutes les protections techniques qui seront inventées, il y aura
toujours un petit malin qui découvrira la clef pour copier le fichier. Aussi, je
ne crois pas qu'on puisse réellement protéger une oeuvre sur internet, qu'il
s'agisse d'un texte, d'une image ou d'une application. D'autre part, on assiste
à une réelle "révolution" dans le domaine informatique: l'avènement du logiciel
libre qui marque un changement dans les mentalités et qui s'étend au monde de
l'internet. Celui-ci se traduit à tous les niveaux: côté développeur de
logiciels et côté utilisateur. Les utilisateurs sont de plus en plus réticents à
payer un logiciel ou de l'info qu'ils peuvent trouver gratuitement ailleurs.
Le modèle économique est donc en train de changer: on ne paiera plus l'outil
mais le service... Malheureusement, ce système n'est valable que pour les
logiciels. Aussi, comment l'appliquer aux créations littéraires ou artistiques?
Seuls les droits moraux peuvent pour l'instant être reconnus (incrustation d'un
copyright sur les images, copyright moins évident pour les textes).
Conclusion : on ne peut pour l'instant que se reposer sur l'honnêteté de
l'homme... fragile, donc :o(
Une expérience intéressante existe concernant la littérature: le lyber. Il
s'agit de présenter une oeuvre en lecture complète sur le web. Libre ensuite au
lecteur d'acheter l'ouvrage papier qui pourra rémunérer l'auteur. On part du
principe que le lecteur voudra conserver chez lui une trace de sa lecture s'il
l'a jugée vraiment digne d'intérêt. C'est ainsi un bon moyen d'éliminer les
oeuvres de mauvaise qualité.
Pour ma part, je proposerais une solution intermédiaire: proposer à la lecture
sur le web le tiers du livre. Pour lire la suite, le lecteur commande l'ouvrage
papier. Car je crains qu'un lecteur ne veuille pas forcément acheter un ouvrage
qu'il a déjà lu entièrement... et l'auteur perd ainsi une partie de sa
rémunération, ce qui est dommage et n'encourage pas à la création littéraire.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux
aveugles et malvoyants?
La Grenouille Bleue avait une partie destinée aux malvoyants: il suffit de créer
des pages sans images ni tableau. Uniquement du texte, et une structure de site
plus simple qui va droit à l'info. Ainsi les logiciels de reconnaissance/lecture
de pages web sont très efficaces. Il faut donc sensibiliser les webmestres.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Un espace d'expression, de liberté et d'échanges où tout peut aller très (trop)
vite.
= Et la société de l'information?
Une société où l'information circule très vite (trop peut-être), et où chaque
acteur se doit de rester toujours informé s'il ne veut pas s'exclure.
L'information elle-même devient une véritable valeur monnayable.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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