France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
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France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“Quoiqu’il en soit, la résolution fut prise de renoncer à ce puissant
boulevard, malgré les représentations de quelques gens sages, qui
gémissoient de voir commettre une si lourde faute. Ils ne purent se
faire écouter. Inutilement remontrèrent-ils que ce seroit témoigner
notre foiblesse aux ennemis, qui ne manqueroient point de profiter
d’une aussi grande étourderie, & qui tourneroient cette même batterie
contre nous; que pour faire bonne contenance & ne point réchauffer le
courage à l’ennemi, en lui donnant dès le premier jour, une si grande
espérance de réussir, il falloit se maintenir dans ce poste important
le plus que l’on pourroit: qu’il étoit évident qu’on s’y conserveroit
plus de quinze jours, & que ce délai pouvoit être employé à retirer
tous les canons dans la Ville. On répondit que le Conseil l’avoit
résolu autrement; ainsi donc par ordre du Conseil, on abandonna le 13
sans avoir essuyé le moindre feu, une batterie de trente pièces de
canon, qui avoit couté au Roi des sommes immenses. Cet abandon se fit
avec tant de précipitation, qu’on ne se donna pas le temps d’encloüer
les canons de la manière que cela se pratique; aussi les ennemis s’en
servirent-ils dès le lendemain. Cependant on se flatoit du contraire;
je fus sur le point de gager qu’ils ne tarderoient guères á nous en
battre. On étoit si peu à soi, qu’avant de se retirer de la batterie,
le feu prit à un baril de poudre, qui pensa faire sauter plusieurs
personnes, & brûla la robe d’un Religieux Récolet. Ce n’étoit pas de 279
ce moment que l’imprudence caracterisoit nos actions, il y avoit
long-tems qu’elle s’étoit refugiée parmi nous.
“Ce que j’avois prévu arriva. Dès le quatorze les ennemis nous
saluèrent avec nos propres Canons, dont ils firent un feu
épouvantable. Nous leur répondimes de dessus les murs; mais nous ne
pouvions leur rendre le mal qu’ils nous faisoient, rasant nos maisons,
& foudroyant tout ce qui étoit à leur portée.
“Tandis que les Anglois nous chauffoient de la batterie Royale, ils
établissoient une Plate-forme de Mortiers sur la hauteur de Rabasse
proche le Barachois du côté de l’Ouest, qui tirerent le seize jour où
a commencé le bombardement. Ils avoient des Mortiers dans toutes les
batteries qu’ils éleverent. Les bombes nous ont beaucoup incommodé....
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