France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
History
France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“J’ordonnai qu’on tirât de la poudrière du Bastion Dauphin les poudres
qui y étoient et les fis transporter sous la poterne de la courtine
qui est entre le Bastion du Roy et celui de la Reine.
“Comme l’ennemy avait coupé par les boulets de la batterie de
Francœur, les chaines du pont levi de la porte Dauphine, j’ordonnay
aussy de couper le pont de la dite porte.
“Le canon de l’ennemy de la batterie de Francœur qui battoit le flanc 302
droit du bastion du Roy, faisant beaucoup de progrès et entr’autres
aux embrasures, je fis commencer à faire percer le mur de la face du
bastion Dauphin de deux embrasures, pour y mettre deux canons, cet
ouvrage malgré la mousqueterie que l’ennemy tiroit toujours, fut mis
en état et notre canon a tiré et fut servi autant qu’on pouvoit
désirer sur celui de l’ennemy.
“L’ennemy a aussi étably une batterie de cinq canons sur les hauteurs
des Mortissans et a commencé à tirer le 2 juin des boulets de 36 et
42, en brèche sur le bastion Dauphin et sur l’éperon. La guérite a été
jetée à bas, et une partie de l’angle saillant, le même jour. Cette
batterie a déboulé l’épéron de la porte Dauphine en ses embrasures,
lesquelles ont été racommodées plusieurs fois, autant bien qu’on
pouvoit, à pierre sèche, avec des pierres de taille et des sacs de
terre.
“Le même jour l’escadre ennemye s’augmenta par l’arrivée d’un
vaisseaux d’environ 40 à 50 canons, et nous vismes aussy, parmy cette
escadre, un vaisseau désemparé, qu’on nous a dit depuis être celui que
nous avions vu se battre le 30 may.
“Le 5 l’ennemy a envoyé vers les deux heures du matin de la batterie
royale, un brulot qui s’est échoué à la calle Frédéric oû il a brûlé
sur une göelette, il n’a pas fait d’autre mal, quoiqu’il fut chargé de
matières combustibles et de bombes qui firent leur effet; toutes les
batteries de l’ennemy ne cessèrent point de tirer, pendant ce temps
nos gens étoient comme de coutume tout le long des remparts et du
quay, à essuyer ce feu avec intrépidité.
“La nuit du 6 au 7 nous eumes une alarme générale de l’isle de
l’entrée; l’ennemy, voulant enlever cette batterie, s’embarqua au
nombre de 1000 sur 35 barques, 800 autres venant derrière devoient les
soutenir. La nuit étoit très obscure et faisoit une petite brume.
“Ces premiers furent mettre pied à terre, les uns à la Pointe à 303
Peletier, les autres vis-à-vis le corps des casernes, et le surplus au
débarquement de la dite isle; l’ennemy en debarquant commença à crier
_hourrah_ par trois fois; ils attachèrent même environ 12 échelles aux
embrasures afin de les escalader, mais Monsieur D’Aillebout, qui
commandoit à cette batterie, les reçut à merveille; le canon et la
mousqueterie de ceux de l’isle fut servi au mieux, toutes les barques,
furent toutes brisées ou coulées à fond; le feu fut continuel depuis
environ minuit jusqu’à trois heures du matin.
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