“Les causes qui avoient autrefois rendu odieux le prêt à
intérêt, ont cessé d’agir avec tant de force.... De toutes ces
circonstances réunies, il est résulté que les emprunts faits
par le pauvre pour subsister ne sont plus qu’un objet à peine
sensible dans la somme totale d’emprunts: que la plus grande
partie des prêts se font à l’homme riche, ou du moins à l’homme
industrieux, qui espère se procurer de grands profits par
l’emploi de l’argent qu’il emprunte.... Les prêteurs sur gage
à gros intérêt, les seuls qui prêtent véritablement au pauvre
pour ses besoins journaliers et non pour le mettre en état de
gagner, ne font point le même mal que les anciens usuriers qui
conduisoient par degrés à la misère et à l’esclavage les pauvres
citoyens auxquels ils avoient procuré des secours funestes....
Le créancier qui pouvait réduire son débiteur en esclavage y
trouvait un profit: c’étoit un esclave qu’il acquérait: mais
aujourd’hui le créancier sait qu’en privant son débiteur de la
liberté, il n’y gagnera autre chose que d’être obligé de le
nourrir en prison: aussi ne s’avise-t-on pas de faire contracter
à un homme qui n’a rien, et qui est réduit à emprunter pour
vivre, des engagemens qui emportent la contrainte par corps. La
seule sûreté vraiment solide contre l’homme pauvre est le gage:
et l’homme pauvre s’estime heureux de trouver un secours pour le
moment sans autre danger que de perdre ce gage. Aussi le peuple
a-t-il plutôt de la reconnoissance pour ces petits usuriers qui
le secourent dans son besoin, quoiqu’ils lui vendent assez cher
ce secours.” (Mémoire sur les Prêts d’Argent, in the collection
of Œuvres de Turgot, by Dupont de Nemours, vol. v, sects. xxx,
xxxi, pp. 326, 327, 329, written in 1763.)
[189] “In Bengal (observes Adam Smith, Wealth of Nations, b. i,
ch. 9, p. 143, ed. 1812) money is frequently lent to the farmers
at 40, 50, and 60 per cent., and the succeeding crop is mortgaged
for the payment.”
Respecting this commerce at Florence in the Middle Ages, M.
Depping observes: “Il semblait que l’esprit commercial fût inné
chez les Florentins: déjà aux 12me et 13me siècles, on les
voit tenir des banques et prêter de l’argent aux princes. Ils
ouvrirent partout des maisons de prêt, marchèrent de pair avec
les Lombards, et, il faut le dire, ils furent souvent maudits,
comme ceux-ci, par leurs débiteurs, à cause de leur rapacité.
Vingt pour cent par an était le taux ordinaire des prêteurs
Florentins: et il n’était pas rare qu’ils en prissent trente
et quarante.” Depping, Histoire du Commerce entre le Levant et
l’Europe, vol. i, p. 235.
Boeckh (Public Economy of Athens, book i, ch. 22) gives from
12 to 18 per cent. per annum as the common rate of interest at
Athens in the time of the orators.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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