Scotland -- History -- Stuarts, to the Union, 1371-1707
one the number of poems hitherto believed to have been written by Mary
Stuart.
Though the "Song" can no longer claim the authorship of Mary Stuart, it
still retains some interest by reason of its strange story. To the best
of our knowledge, the original and complete poem, of which, as we have
stated, only 100 copies were published in France, for private
circulation, has never been reproduced in this country. We therefore
append it.
CHANSON POUR LA ROYNE D'ECOSSE
PORTANT LE DUEIL.
Je voy, sous blanc atour,
En grand dueil et tristesse,
Se pourmener maint tour
De beauté la Déesse;
Tenant le traict en main
De son filz inhumain.
II
Et Amour, sans fronteau.
Vollette à l'entour d'elle,
Desguisant son bandeau
En un funèbre voelle
Où sont ces mots escrits:
"Mourir ou estre pris".
III
Deux arcs victorieux
Je voy sous blanche toyle,
Et sous chacun d'iceux
Une plus claire estoille
Qu'au plus net et pur aër
Du ciel l'astre plus clair.
IV
Et du haut d'un rocher,
Je voy singlant maint voile
D'un fanal s'approcher,
Dont la clarté est telle
Que sans elle tous lieux
Me semblent ténébreux.
V
Je voy, d'ordre marchant,
Une troupe dolente
Peu à peu s'approchant
D'une Dame excellente,
Qui de piteuse voix
Fait retentir un bois.
VI
J'oy son triste et doux chant,
Qui, d'un ton lamentable,
Jette un regret trenchant
De perte incomparable,
Et, en souspirs cuisants
Passe ses meilleurs ans.
VII
"Fut-il de tel malheur
De dure destinée,
Ne si juste douleur
De Dame fortunée,
Qui mon coeur et mon oeil
Voy en bière et cercueil!
VIII
"Qui, en mon doux printemps
Et fleur de ma jeunesse,
Toutes les peines sens
D'une extrême tristesse,
Et en rien n'ay plaisir
Qu'en regret et désir.
IX
"Ce qui m'estoit plaisant
Ores m'est peine dure,
Le jour le plus luisant
M'est nuit noire et obscure,
Et n'est rien si exquis.
Qui de moi soit requis.
X
"J'ay au coeur et en l'oeil
Un portraict et image
Qui figure mon dueil
En mon pasle visage
De violettes teint,
Qui est l'amoureux teint.
XI
"Pour mon mal estranger
Je ne m'arreste en place,
Mais j'ai beau lieu changer
Si ma douleur j'efface,
Car mon pis et mon mieux
Sont les plus déserts lieux.
XII
"Si en quelque séjour
Suis, en bois ou en prée
Soit sur l'aube du jour
Ou soit sur la vesprée,
Sans cesse mon coeur sent
Le regret d'un absent.
XIII
"Si parfois vers les cieux
Viens à dresser ma veüe,
Le doux traict de ses yeux
Je voy en une nue;
Soudain le voy en l'eau
Comme dans une tombeau.
XIV
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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