Memoirs of the Life and Correspondence of Henry Reeve, C.B., D.C.L.: In Two Volumes. Volume II.Reeve, Henry
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Memoirs of the Life and Correspondence of Henry Reeve, C.B., D.C.L.: In Two Volumes. Volume II.
Reeve, Henry
Journalists -- Great Britain -- 19th century -- Biography; Reeve, Henry, 1813-1895; Reeve, Henry, 1813-1895 -- Correspondence
18 _septembre_.--Je m'empresse de vous remercier de votre lettre du 15, qui
m'est parvenue hier. Vous savez avec quel plaisir je recois toujours de
vos nouvelles, avec quel interet je lis toujours vos appreciations sur la
situation de nos deux pays. Malgre de bien grandes differences dans l'etat
politique, qui sont tout a l'avantage du votre, et dans l'etat social, qui
le sont peut-etre moins, ces deux situations ne sont pas sans analogies.
Les moderes, de part et d'autre, comme vous le dites, semblent etre
peu ecoutes, et cependant je suis persuade que leurs vues finiront par
l'emporter des deux cotes du detroit, parce que, sous une surface agitee en
apparence, aucune passion violente ne bouillonne dans l'une ou l'autre des
deux nations. Vous avez devant vous le grand inconnu de la nouvelle loi
electorale; dangereux, parce que l'omnipotence de la Chambre des Communes,
favorable au gouvernement parlementaire lorsque cette Chambre se recrutait
exclusivement dans la haute classe et en avait l'esprit, pourra etre un
instrument redoutable pour la liberte et pour toute l'organisation sociale
le jour ou MM. Chamberlain, Parnell et Bradlaugh auront chacun un parti
derriere eux. Heureusement pour vous, l'institution monarchique vous
permettra de traverser la crise qu'entrainera la modification de la
composition et de l'esprit de la Chambre des Communes. Grace a cette
institution, l'esprit politique du pays pourra retablir l'equilibre entre
les pouvoirs publics. En France, l'experience de la Republique democratique
et pacifique s'est faite dans les conditions les plus favorables, et a
echoue. Elle n'est ni conservatrice ni reformatrice. Tout en restant
bourgeoise, elle est pardessus tout prodigue. Les classes qui payent
l'impot sont parfaitement edifiees sur son compte; celles qui nele
payent pas, et qui votent cependant, sont frappees indirectement par
l'appauvrissement national et commencent a s'etonner que la Republique,
dont le nom les flatte encore, reponde si mal a leur attente. La Republique
reste bourgeoise parce que le suffrage universel est trop defiant pour
chercher des representants dans le sein de la classe la plus nombreuse.
Mais il n'est pas difficile dans les choix qu'il fait dans les rangs d'une
classe plus elevee. Le niveau intellectuel et moral des Assemblees qu'il
elit s'abaisse a chaque renouvellement. C'est un fait qu'il faudra accepter
desormais comme inevitable, et dont il faudra tenir compte dans l'avenir.
La Republique est essentiellement prodigue parce que, toute la machine
gouvernementale reposant sur l'election, les ministres sont obliges de
donner aux deputes des places innombrables pour satisfaire la foule encore
plus nombreuse de leurs agents electoraux, et de permettre des travaux, des
depenses exageres dans chaque arrondissement, ici pour favoriser le depute
republicain, la pour nuire au depute conservateur. C'est par la qu'elle
perira, parce que le mal est sans remede et s'aggrave chaque jour. Loi
generale d'ailleurs.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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