Memoirs of the Life and Correspondence of Henry Reeve, C.B., D.C.L.: In Two Volumes. Volume II.Reeve, Henry
History
Memoirs of the Life and Correspondence of Henry Reeve, C.B., D.C.L.: In Two Volumes. Volume II.
Reeve, Henry
Journalists -- Great Britain -- 19th century -- Biography; Reeve, Henry, 1813-1895; Reeve, Henry, 1813-1895 -- Correspondence
'Je n'aurais sans doute rien pu ajouter a ce qui a ete si bien dit par M.
le President, mais je tenais a rendre personnellement hommage a la memoire
d'un confrere eminent, pour lequel je professais une haute estime et une
sincere amitie, et je demande a l'Academie la permission de lui adresser
quelques mots.
'Qu'on l'envisage au point de vue litteraire ou au point de vue social,
la figure d'Henry Reeve etait essentiellement originale, et il devait ce
caractere non seulement a la nature de son esprit, mais a l'education qu'il
avait recue. Sur la base anglaise de la forte instruction classique son
pere [Footnote: A momentary lapse of memory. It is scarcely possible that
the Duc d'Aumale did not know that Reeve's father died whilst Reeve was
still an infant, and that his education was directed by his mother.] voulut
ajouter le couronnement des hautes etudes continentales, et, pour que cette
culture intellectuelle n'eut rien d'exclusif ou d'absolu il fit choix de
Geneve et de Munich. C'cst dans ces deux villes, dans ces deux grands
centres intellectuels, que Reeve passa une partie de sa jeunesse. Ce sejour
dans des milieux si differents laissa dans son esprit une double impression
qui se refleta sur toute sa vie.
'Peu de personnes, de nos jours, ont aussi bien connu que lui cette
charmante et originale societe de Geneve, qui semblait dater du
dix-huitieme siecle, et qui en a si longtemps conserve les traditions.
C'est la qu'il acquit la connaissance approfondie de notre langue; il en
avait saisi les nuances delicates; il connaissait toute notre litterature.
Je ne connais guere d'etrangers qui puissent parler, comprendre, ecrire le
francais mieux que lui.
'L'allemand ne lui etait pas moins familier. Le sejour a Munich lui inspira
aussi le gout des arts envisages a un point de vue qui n'est pas tout a
fait le notre. Dans un petit volume, oeuvre de jeunesse, "Graphidae," il
traduisit sous une forme poetique l'impression que lui avaient laissee les
oeuvres des premiers maitres italiens. On y retrouve, avec la mesure qui
etait un des caracteres de cet esprit bien pondere, la trace des theories
qui prevalaient alors dans l'Allemagne meridionale.
'A d'autres points de vue ce long sejour a l'etranger lui avait laisse
des traces plus profondes encore. Il en avait rapporte une sorte de
cosmopolitisme eclaire, tempere, entretenu par ses nombreuses relations.
Je ne veux pas dire qu'il ne fut pas Anglais avant tout. Passionnement
patriote--et ce n'est pas moi qui lui en ferai un reproche--il epousait les
passions, les coleres de son pays, mais sans rudesse, sans hauteur, sans
haine ou mepris des autres peuples, sans prejuges contre aucune nation
etrangere.
'Il ne cessa d'entretenir des relations intimes et constantes avec tout le
parti liberal francais (je prends le mot liberal dans le vrai sens, le sens
le plus large), depuis M. le Duc de Broglie et M. Gruizot jusqu'a notre
venere confrere M. Barthelemy Saint-Hilaire.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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