My Memoirs, Vol. III, 1826 to 1830Dumas, Alexandre
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My Memoirs, Vol. III, 1826 to 1830
Dumas, Alexandre
Dumas, Alexandre, 1802-1870
Dieu pénate d'argile, ô mon dieu domestique!
Un jour, tu seras d'or, sous un riche portique,
Tel que Rome en prepare à nos dieux immortels
Et le sang des taureaux rougira tes autels.
Mais, aujourd'hui, reçois avec un œil propice
La prière et le don du pieux aruspice;
Ces fruits qu'une vestale a cueillis, ce matin,
Dans le verger du temple, au pied de l'Aventin,
Et ce lait pur qui vient de la haute colline
Où, la nuit, on entend une voix sibylline,
Quand le berger craintif suspend aux verts rameaux
La flûte qu'un dieu fit avec sept chalumeaux.
L'aube sur le Soracte annonce sa lumière;
Si j'apporte déjà mon offrande première,
C'est qu'une grande voix a retenti dans l'air;
C'est que la foudre, à gauche, a grondé sans éclair,
Et que, dans cette nuit sombre et mystérieuse,
A gémi l'oiseau noir aux branches de l'yeuse.
O dieu lare! dis-moi quel forfait odieux
Doit punir aujourd'hui la colère des dieux,
Afin que le flamine et la blanche vestale
Ouvrent du temple saint la porte orientale,
Et qu'au maître des dieux, dans les rayons naissants,
Montent avec le jour la prière et l'encens.
SCÈNE II
FAUSTUS, BRUTUS, _en tunique de couleur brune, comme un
laboureur suburbain_
BRUTUS
Que les dieux te soient doux, vieillard, et que Cybèle
Jamais dans tes jardins n'ait un sillon rebelle!
La fatigue m'oppresse; à l'étoile du soir,
Hier, je vins à la ville ...
FAUSTUS
Ici, tu peux t'asseoir.
Modeste est ma maison, étroite est son enceinte.
Mais j'y vénère encor l'hospitalité sainte,
Et j'apaise toujours la faim de l'indigent,
Comme si mon dieu lare était d'or ou d'argent.
BRUTUS
Je le sais.
FAUSTUS
Quelle rive, étranger, t'a vu naître?
BRUTUS
Quand les dieux parleront, je me ferai connaître.
Ma mère est de Capène; elle m'accoutuma,
Tout enfant, à servir les grands dieux de Numa.
Du haut du Quirinal, on voit ma bergerie
Sous le bois saint aimé de la nymphe Égérie,
Et jamais le loup fauve, autour de ma maison,
Ne souilla de ses dents une molle toison.
FAUSTUS
Et quel secret dessein à la ville t'amène?
BRUTUS
La liberté!... Jadis Rome était son domaine,
Lorsque les rois pasteurs, sur le coteau voisin,
Pauvres, se couronnaient de pampre et de raisin;
Lorsque le vieux Évandre arrivait dans la plaine,
Pour présider aux jeux, sous un sayon de laine,
Et que partout le Tibre admirait sur ses bords
Des vertus au dedans et du chaume au dehors ...
Mais ces temps sont bien loin! Tout dégénère et tombe
Le puissant Romulus doit frémir dans sa tombe,
En écoutant passer sur son marbre divin
Des rois ivres d'orgueil, de luxure et de vin!
FAUSTUS
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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