Authors, Irish -- 19th century -- Biography; Wilde, Oscar, 1854-1900
I have remarked on the original character of the poem in spite of its
obvious sources of inspiration, and there can be no better way of
verifying this than by giving an example of Baudelaire's own incursion
into puppet land--
"DANSE MACABRE"
"_Fière, autant qu'un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D'un coquette maigre aux airs extravagants._
_Vit-on jamais au bal une taille plus mince?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S'ecroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur._
_La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu'elle tient à cacher._
_Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres,
--O charme d'un néant follement attifé!_
_Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature,
Tu réponds, grand squelette, à mon gout le plus cher!_
_Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie? ou quelque vieux désir,
Eperonnant encor ta vivant carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir?_
_Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l'enfer allumé dans ton coeur?_
_Inépuisable quits de sottise et de fautes!
De l'antique douleur éternel alambic!
A travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l'insatiable aspic._
_Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts;
Qui, de ces soeurs mortels, entend la raillerie?
Les charmes de l'horreur n'enivrent que les forts!_
_Le gouffre de tes yeux, plein d'horrible pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d'amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents._
_Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s'est nourri des choses du tombeau?
Qu'importe le parfum, l'habit ou la toilette?
Qui fait le dégoûté montre qu'il se croit beau._
_Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués:
'Fiers mignons, malgré l'art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort!' O squelettes musques._
_Antinous flétris, dandys à face glabre,
Cadavres vernisses, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraine en des lieux qui ne sont pas connus!_
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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