English drama -- Irish authors; English poetry -- Irish authors
--Belle hôtesse, répondit l'un d'eux, nous n'avons pas voulu aller
au-devant d'infortunes honorables, dans la crainte d'être trompés par
des misères fictives: que la douleur frappe à la porte, nous ouvrirons.
Le lendemain, quand on sut qu'il existait deux opulents étrangers
prêts à prodiguer l'or, la foule assiégea leur logis; mais les figures
des gens qui en sortaient étaient bien diverses. Les uns avaient la
fierté dans le regard, les autres portaient la honte au front. Les deux
trafiquants achetaient des âmes pour le démon. L'âme d'un vieillard
valait vingt pièces d'or, pas un penny de plus; car Satan avait eu le
temps d'y former hypothèque. L'âme d'une épose en valait cinquante quand
elle était jolie, ou cent quand elle était laide. L'âme d'une jeune
fille se payait des prix fous: les fleurs les plus belles et les plus
pures sont les plus chères.
Pendant ce temps, il existait dans la ville un ange de beauté, la
comtesse Ketty O'Connor. Elle était l'idole du peuple, et la providence
des indigents. Dès qu'elle eut appris que des mécréants profitaient de
la misère publique pour dérober des coeurs à Dieu, elle fit appeler son
majordome.
--Master Patrick, lui dit elle, combien ai-je de pièces d'or dans
mon coffre?
--Cent mille.
--Combien de bijoux?
--Peur autant d'argent.
--Combien de châteux, de bois et de terres?
--Pour le double de ces sommes.
--Eh bien! Patrick, vendez tout ce qui n'est pas or et
apportez-m'en
le montant. Je ne veux garder à moi que ce castel et le champ qui
l'entoure.
Deux jours après, les ordres de la pieuse Ketty étaient exécutés et
le
trésor était distribué aux pauvres au fur et à mesure de leurs besoins.
Ceci ne faisait pas le compte, dit la tradition, des commis-voyageurs
du malin esprit, qui ne trouvaient plus d'âmes à acheter.
Aidés par un valet infâme, ils pénétrèrent dans la retraite de la
noble dame et lui dérobèrent le reste de son trésor ... en vain
lutta-t-elle de toutes ses forces pour sauver le contenu de son coffre, les
larrons diaboliques furent les plus forts. Si Ketty avait eu les moyens de
faire un signe de croix, ajoute la légende Irlandaise, elle les eût mis en
fuite, mais ses mains étaient captives--Le larcin fut effectué. Alors les
pauvres sollicitèrent en vain près de Ketty dépouillée, elle ne pouvait
plus secourir leur misère;--elle les abandonnait à la tentation. Pourtant
il n'y avait plus que huit jours à passer pour que les grains et lea
fourrages arrivassent en abondance des pays d'Orient. Mais, huit jours,
c'était un siècle: huit jours nécessitaient une somme immense pour subvenir
aux exigences de la disette, et les pauvres allaient ou expirer dans les
angousses de la faim, ou, reniant les saintes maximes de l'Evangile, vendre
à vil prix leur âme, le plus beau présent de la munificence du Seigneur
tout-puissant.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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