French fiction -- 19th century; Short stories, French
d'entre nous ne se fût jamais avisé de soupçonner en lui quelque chose
de semblable à de la faiblesse. Il y a des gens dont l'extérieur seul
éloigne de pareilles idées. Une occasion imprévue nous surprit tous
étrangement.
[Footnote 1: *hussard*. Hussar, < Hungarian _huszar_, the twentieth.
So called because Matthias Corvinus (1443-90), king of Hungary and
Bohemia, raised a corps of horse-soldiers by commanding that one man
should be chosen out of every twenty in each village. Hussars are
a class of light cavalry, conspicuous for their fantastic dress of
brilliant colors, and for their dash.]
Un jour, une dizaine de nos officiers dînaient chez Silvio. On but
comme de coutume, c'est-à-dire énormément. Le dîner fini, nous priâmes
le maître de la maison de nous faire une banque de pharaon.[1] Après
s'y être longtemps refusé, car il ne jouait presque jamais, il fit
apporter des cartes, mit devant lui sur la table une cinquantaine de
ducats et s'assit pour tailler. On fit cercle autour de lui et le
jeu commença. Lorsqu'il jouait, Silvio avait l'habitude d'observer le
silence le plus absolu; jamais de réclamations, jamais d'explications.
Si un ponte faisait une erreur, il lui payait juste ce qui lui
revenait, ou bien marquait à son propre compte ce qu'il avait gagné.
Nous savions tout cela, et nous le laissions faire son petit ménage à
sa guise; mais il y avait avec nous un officier nouvellement arrivé au
corps, qui, par distraction, fit un faux paroli. Silvio prit la craie
et fit son compte à son ordinaire. L'officier, persuadé qu'il se
trompait, se mit à réclamer. Silvio, toujours muet, continua de
tailler. L'officier, perdant patience, prit la brosse et effaça ce
qui lui semblait marqué à tort. Silvio prit la craie et le marqua de
nouveau. Sur quoi, l'officier, échauffé par le vin, par le jeu et par
les rires de ses camarades, se crut gravement offensé, et, saisissant,
de fureur, un chandelier de cuivre, le jeta à la tête de Silvio,
qui, par un mouvement rapide, eut le bonheur d'éviter le coup. Grand
tapage! Silvio se leva, pâle de fureur et les yeux étincelants:
[Footnote 1: *pharaon*. Faro, a game played by betting on the order in
which certain playing-cards will appear when taken one by one from
the top of the pack. The player sits at one side of the table, and the
dealer at the other. The dealer represents the bank, and has in charge
the paying and claiming of bets.]
--Mon cher monsieur, dit-il, veuillez sortir, et remerciez Dieu que
cela se soit passé chez moi.
Personne d'entre nous ne douta des suites de l'affaire, et déjà nous
regardions notre nouveau camarade comme un homme mort. L'officier
sortit en disant qu'il était prêt à rendre raison à M. le banquier,
aussitôt qu'il lui conviendrait. Le pharaon continua encore quelques
minutes, mais on s'aperçut que le maître de la maison n'était plus au
jeu; nous nous éloignâmes l'un après l'autre, et nous regagnâmes nos
quartiers en causant de la vacance qui allait arriver.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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