Richelieu: A Tale of France, v. 3/3James, G. P. R. (George Payne Rainsford)
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Richelieu: A Tale of France, v. 3/3
James, G. P. R. (George Payne Rainsford)
Richelieu, Armand Jean du Plessis, duc de, 1585-1642 -- Fiction
* * * * *
"Les ennemis de la Reine pour réussir encore mieux dans les desseins
qu'ils avoient de la faire haïr du Roy son mari, se servirent fortement
contre elle des intelligences qu'elle avoit en Espagne."
_Madame de Motteville, Mem. de la Reine._
* * * * *
"Mais la Reine m'a conté qu'un jour il (le Cardinal) lui parla d'un air
trop galland pour un ennemi; et qu'il lui fit un discours fort
passionné; mais qu'ayant voulu lui répondre avec colère et mépris, le
Roy dans ce moment étoit entre dans le cabinet où elle étoit, qui par sa
présence interrompit sa réponse."
_Madame de Motteville._
* * * * *
"Le Chevalier de Jars fut le plus maltraité, et comme il a été depuis
tout à fait de mes amis, et que dans sa persécution il y a quelques
choses qui sont dignes de l'estime des honnêtes gens, je veux en marquer
les principaux endroits qui pourront faire voir de quelle trempe étoit
son ame, quelle étoit sa probité, la vigueur de son esprit et la
grandeur de son courage. Il fut onze mois dans la Bastille enfermé dans
un cachot. Il fut pris en hyver, et l'habit de velours noir qu'il y
porta demeura toujours sur son corps tant qu'il habita dans cette
effroyable demeure. On l'interrogea quatre-vingt fois avec toute la
severité possible, et il repondit toujours avec bon sens et fermeté,
sans se laisser entamer sur aucun chapitre, sans se couper en ses
reponses, ni sans embarrasser personne. On l'en fit sortir pour le mener
à Troyes avec toutes les rudes apparences d'un homme qu'on alloit mener
à la mort....
* * * * *
A Troyes on lui donna pour Juge Lafemas, celui qui l'avoit déjà
tourmenté dans la Bastille, qu'on appelloit le _Bourreau du Cardinal_.
On accompagna celui-là d'un nombre suffisant de Juges pour lui faire son
procès, qui ne furent pas plus honnêtes gens que lui. Il y travailla par
toutes les voies que ces sortes de gens scavent pratiquer, et il fut
fortement secondé des autres. Ils voulurent lui acheter des faux
temoins, &c....
* * * * *
Lafemas avoit promis au Ministre qu'il le tourmenteroit si bien, qu'il
en tireroit à peu pres ce qu'il en desiroit scavoir, et que sur peu de
mal il trouverait les moyens de lui faire son procès; selon les manières
mêmes du Cardinal, qui, à ce que j'ai oüi conter à ses amis, avoit
accoutumé de dire qu'avec deux lignes de l'écriture d'un homme on
pouvoit faire le procès au plus innocent, parceque on pouvoit sur cette
matière ajuster si bien les affaires que facilement on y pouvoit faire
trouver ce qu'on voudroit.
"Sur ce fondement Lafemas travaille au jugement du Chevalier de Jars; il
le menace, il l'interroge et fait tout ce qu'une ame pleine de lâcheté
est capable de faire....
* * * * *
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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