Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
1680, when she was appointed second Bedchamber-woman to the
Dauphine. In 1683 the Queen Marie Thérèse died of a sudden
illness, and in the following year--probably in January, but
the exact date is not known--Mme de Maintenon was married in
secret to Louis XIV.
Ce grand pas fait de l’expulsion sans retour de Mme de Montespan, Mme
de Maintenon prit un nouvel éclat. Ayant manqué pour la seconde fois
la déclaration de son mariage, elle comprit qu’il n’y avoit plus à y
revenir, et eut assez de force sur elle-même pour couler doucement
par-dessus, et ne se pas creuser une disgrâce pour n’avoir pas été
déclarée reine. Le Roi, qui se sentit affranchi, lui sut un gré de
cette conduite qui redoubla pour elle son affection, sa considération,
sa confiance. Elle eût peut-être succombé sous le poids de l’éclat de
ce qu’elle avoit voulu paroître, elle s’établit de plus en plus par la
confirmation de sa transparente énigme.
Mais il ne faut pas s’imaginer que, pour en user et s’y soutenir,
elle n’eût besoin d’aucune adresse. Son règne, au contraire, ne fut
qu’un continuel manège, et celui du Roi une perpétuelle duperie.
Elle ne voyoit personne chez elle en visite, et n’en rendoit jamais
aucune. Cela n’avoit que fort peu d’exceptions. Elle alloit voir
la reine d’Angleterre et la recevoit chez elle, quelquefois chez
Mme de Montchevreuil[74], sa plus intime amie, qui alloit très
ordinairement chez elle. Depuis sa mort elle alla voir quelquefois M.
de Montchevreuil, mais rarement, qui entroit chez elle toutes les
fois qu’il vouloit, mais des instants. Le duc de Richelieu[75] eut
toute sa vie le même privilège. Elle alloit quelquefois encore chez
Mme de Caylus[76], sa bonne nièce, qui étoit souvent chez elle. Si,
en deux ans une fois, elle alloit chez la duchesse du Lude[77], ou
quelque femme aussi marquée, entre trois ou quatre au plus, c’étoit
une distinction et une nouvelle, quoique il ne s’agît que d’une simple
visite. Mme d’Heudicourt[78], son ancienne amie, alloit aussi chez
elle à peu près quand elle vouloit, et sur les fins le maréchal de
Villeroy[79], quelquefois Harcourt[80], jamais d’autres. On a vu,
lors du brillant voyage de Mme des Ursins[81], qu’elle alloit aussi
très souvent chez elle en particulier à Marly; et Mme de Maintenon
la fut voir une fois. Jamais elle n’alloit chez aucune princesse du
sang, même chez Madame. Aucune d’elles aussi n’alloit chez elle, à
moins que ce ne fût par audiences, ce qui étoit extrêmement rare et
qui faisoit nouvelle. Mais si elle avoit à parler aux filles du Roi,
ce qui n’arrivoit pas souvent, et presque jamais que pour leur laver
la tête, elle les envoyoit chercher. Elles y arrivoient tremblantes,
et en sortoient en pleurs. Pour le duc du Maine, les portes tombèrent
toujours devant lui en quelque lieu qu’il fût; et depuis le mariage
du duc de Noailles[82], il la voyoit aussi quand il vouloit, son père
avec ménagement, sa mère fort à lèche-doigt[83]; le Roi et elle la
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