Il est des esprits puissants
Qui dirigent les planètes,
Qui font voler les tempètes
Et s'allumer les volcans,
Qui règnent sur l'air et l'onde,
Qui creusent le lit des mers,
Qui règlent le cours du monde
Et prennent soin des déserts,
Qui sèment l'or et le sable,
Lis et roses dans les champs;
Et dans le nombre innombrable
De ces esprits bienfaisants,
Il est un ange adorable
Que Dieu fit pour les enfants,
Un ange à l'aile vermeille,
Une céleste merveille,
Du Paradis le bijou,
Le petit Ange Joujou,
De l'ange gardien le frère;
Mais l'un guide l'âme aux cieux,
Et l'autre enchante la terre
Et ne préside qu'aux jeux.
Il inventa la Poupée,
Tant d'objets d'amusement
Dont l'enfance est occupée,
Qui portent son nom charmant.
Avant l'aurore il se lève;
Riant, il s'en vint du ciel
Dans l'Eden jouer près d'Eve
Avec le petit Abel.
Il fait les boutons de rose,
Les colliers de perle et d'or,
Les colibris qu'il dépose
Dans les fleurs du Labrador.
Il n'est merveilleuse chose
Qu'il n'ait faite ou fasse encor;
Soufflant sur l'eau savonneuse,
Grâce à ses enchantements.
Brille un palais de diamants
A rendre une reine heureuse;
Il fait le baume et le miel,
De son souffle nait la brise
Il a planté le cytise
Et dessiné l'arc-en-ciel.
Passant du Gange en Norvége,
Il se mêle au beau cortége
Des cygnes éblouissants,
Et sème avec ses doigts blancs
Les jolis flocons de neige
Pour amuser les enfants.
Et ces concerts des campagnes,
Cette musique des bois,
Qui charment vals et montagnes,
De notre ange c'est la voix.
Ah! que cet ange nous aime,
Et que ses pouvoirs son beaux!
Pouvoirs qu'il tient de Dieu même:
Il veille au nid des oiseaux;
Il leur porte du ciel même
Leur vêtement radieux
Et deux perles pour leurs yeux.
Il est de toutes nos fêtes;
Il tient pour nous toujours prêtes
Des coupes sans aucun fiel,
Et grâce enfin à ses charmes,
On dit que toutes nos larmes
Ne sont que gouttes de miel.
Puis quand les dernières heures
Sonnent aux pieux enfants,
On le retrouve aux demeures
Où sont les saint Innocents,
Jouant avec leur couronne
Et leur palme de martyrs,
Bénissant Dieu, qui leur donne
Tout le ciel pour leurs plaisirs.
After much hope deferred and sickness of heart, Maurice, towards the
end of 1834, received a permanent engagement at Stanislas. It was by
no means a lucrative one, but it sufficed to save him from the
much-dreaded dependence upon others. In November of this year Eugenie
began to write her journal, since famous, "A mon bien-aimé frère
Maurice." This she designed to forward to him at intervals as an
encouragement and solace, to remind him of ties still existing in the
beloved home of his boyhood.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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