Canada -- Description and travel; Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada
"'Ces sauvages habitent un pays extrêmement rude et inculte, mais il ne
l'est pas encore autant que celui, qu'ils choisissent pour leurs
chasses. Il faut marcher long-tems pour y arriver, et porter sur son dos
tout ce dont ou peut avoir besoin pendant cinq ou six mois, par des
chemins quelquefois si affreux, que l'on ne comprend pas comment les
Bêtes Fauves peuvent y passer; si on n'avoit pas la precaution de se
fournir d'écorces d'Arbres, ou ne trouveroit pas de quoi se mettre à
couvert de la pluye et de la neige pendant le chemin. Dès qu'on est
parvenu au terme on s'accommode un peu mieux, mais ce mieux ne consiste,
qu'en ce qu'on n'y est pas sans cesse exposé à toutes les injures de
l'air.
"'Tout le monde y travaille, et les missionnaires, qui dans ces
commencemens n'avoient personne pour les servir, et pour qui les
sauvages n'avoient aucune considération, n'étoient pas plus épargnés que
les autres, on ne leur donnait pas même de cabanne séparée, et il
falloit qu'ils se logeassent dans la première, où l'on vouloit bien les
recevoir. Ces cabannes, parmi la plûpart des Nations Algonquines, sont à
peu près de la figure de nos Glacières, rondes, et terminées en cone;
elles n'ont point d'autres soûtiens, que de perches plantés dans la
neige, attachées ensemble par les extrémités, et couvertes d'écorces
assez mal jointes, et mal attachées aussi le vent y entre-t-il de toutes
parts.
"'Leur fabrique est l'ouvrage d'une demie heure au plus, des branches de
Sapin y tiennent lieu de nattes, et on n'y a point d'autres lits. Ce
qu'il y a de commode, c'est qu'on peut les changer tous les jours; les
neiges ramassées tout autour forment une espece de parapet, qui a son
utilité, les vents n'y pénétrent point. C'est le long et à l'abri de ce
parapet qu'on dort aussi tranquillement sur ces branchages, couverts
d'une mechante peau que dans le meilleur lit; il en coûte à la verité au
missionnaires pour s'y accoétumer, mais la fatigue et la necessité les y
reduisent bientôt. Il n'en est pas tout-à-fait de même de la fumée, que
presque toujours remplit tellement le haut de la cabanne, qu'on ne peut
y être de bout, sans avoir la tête dans une espèce de tourbillon. Cela
ne fait aucune peine aux sauvages, habitués dès l'enfance à être assis
à terre, ou couchés tout le tems, qu'ils sont dans leurs cabannes, mais
c'est un grand supplice pour les François, à qui cette inaction ne
convient pas.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account