The Depot for Prisoners of War at Norman Cross, Huntingdonshire. 1796 to 1816Walker, Thomas (Thomas James)
History
The Depot for Prisoners of War at Norman Cross, Huntingdonshire. 1796 to 1816
Walker, Thomas (Thomas James)
France -- History -- 1789-1815; Norman Cross depot; Prisoners of war
Vous exprimer combien j’ai été touché de vos bontés et de l’accueil que
vous avez daigné me faire me seroit impossible. Permettés moi de vous
offrir le juste hommage de ma reconnoissance. Depuis vingt ans bientôt
que tous les genres de malheurs n’ont cessé de m’accabler, j’ose dire que
c’est à vous seul que je suis redevable d’avoir pu les oublier un
instant, et depuis ces vingt années les heures que j’ai passées à Milton
sont bien les plus heureuses que je puisse compter, ce n’est point ici ni
compliment ni phrase, le cœur seul parle dans ce moment et c’est le seul
hommage qui puisse vous plaire et qui soit digne de vous, je n’ai point
osé vous parler, Mylord, de tous les sentiments qui m’ont fait éprouver
la bienfaisance et la noblesse avec lesquelles vous avez daigné venir à
mon secours sur ma première demande et sans que j’eusse l’honneur d’être
connu de vous j’aurois craint de blesser votre délicatesse—j’ai encore
moins osé vous faire connoître tout le malheur de ma position actuelle,
mais je vous l’avoue, Mylord, en vous voyant, j’ai tout à la fois été
pénétré de respect et de confiance. Je ne puis vous dire ce que j’ai
éprouvé, il n’appartient qu’à un cœur tel que le vôtre de pouvoir le
juger: j’ai tout perdu—fortune—amis—famille. Il ne me reste que
l’honneur, en vous j’ai cru tout retrouver. Pardonnés, Mylord, cet excès
de franchise et de liberté, je joins ici une note dont je vous supplie de
faire lecture; daignés y donner quelqu’ attention; elle est tout à la
fois importune et indiscrette, mais elle ne sauroit vous blesser. Le
malheur a des droits sur une âme aussi grande et aussi élevée que la
vôtre, et elle pardonne l’importunité et l’indiscrétion. La grâce que
j’implore de vous par dessus toutes les autres, Mylord, c’est que cette
note ne me fasse point tort auprès de vous; soit que vous daigniés y
avoir quelqu’ égard, soit que vous la rejettiés ne me privés pas de vos
bontés quoique je n’aye aucun titre pour y prétendre; permettés moi
d’espérer que l’excès de liberté que j’ose prendre ne m’en privera pas.
Tout chés vous et dans vous m’a persuadé que je trouvois un père, un
bienfaiteur.
J’ai l’honneur d’être avec respect,
Mylord,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
L’EVÊQUE DE MOULINS.
BELL INN, STILTON,
_ce_ 21 _Mars_ 1808.
* * * * *
[TRANSLATION]
MY LORD,
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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