The Depot for Prisoners of War at Norman Cross, Huntingdonshire. 1796 to 1816Walker, Thomas (Thomas James)
History
The Depot for Prisoners of War at Norman Cross, Huntingdonshire. 1796 to 1816
Walker, Thomas (Thomas James)
France -- History -- 1789-1815; Norman Cross depot; Prisoners of war
L’EVÊQUE de Moulins parti de France en 1791, avec très peu de moyens, a
passé en Italie. Assés heureux pour obtenir la place de premier Aumônier
de Mde. Victoire de France, c’est aux bontés de cette auguste Princesse
qu’il a dû son existence. A sa mort arrivée en 1799, il s’est vu privé
de toutes ressources. A cette époque, il a passé en Angleterre, où il a
obtenu le traitement fixé pour les Evêques, qui était alors de £10 par
mois. Il s’est établi à Londres chés M. de Pontcarré, ancien Premier
Président du Parlement de Rouen, qui avoit épousé sa sœur en premières
noces, dont il a en deux enfans; il ne connoissoit point le malheureux
état des affaires de cette famille. Son cœur et le désir de l’obliger,
l’ont entraíné fort au delà de ce que ses moyens lui permettoient de
faire. Il ne eraint pas sur cela d’avouer ses torts, et de dire que pour
soutenir cette malheureuse famille, il a été jusqu’à se mettre en avant
pour plus de £1600, d’après les promesses qui lui étoient faites d’un
remboursement prochain. Son père vivoit alors, et il avoit lieu de
croire qu’il pourroit en espérer quelques ressources. Son neveu et sa
nièce étoient en France, et il avoit quelque droit d’espérer qu’ils
auroient égard à ce qu’il faisoit pour aider leur père et sa famille. Il
ne prétend point diminuer ses torts, mais sur ces espérances, il s’est
laissé aller à la facilité de son caraetère, et n’ayant par lui-même
aucuns moyens, a contracté divers engagements dont il est aujourd’hui la
victime. Son père est mort en 1802 sans avoir fait aucunes dispositions;
on l’a frustré de tout ce qu’il pouvoit prétendre, et un frère qu’il a
encore en France, ainsi que son neveu et sa nièce se sont emparés de la
succession sans lui en rendre aucun compte. M. d’Aligre, son cousin
germain, à qui il a rendu le service de contribuer à lui conserver trois
millions qu’il avoit sur la banque d’Angleterre, est venu à Londres pour
recueillir cette somme, et lui a promis alors de lui prêter 12,000f. de
France sous le cautionnement de son neveu et de sa nièce, et lui en a
même donné parole. La caution a été promise, et de retour en France, M.
d’Aligre ainsi que les autres n’ont tenu nul compte de leurs promesses.
Il peut dire avoir éprouvé sous tous les rapports tous les genres de
procédés les plus injustes et les moins délicats. On a été jusqu’à lui
faire entrevoir qu’on ne penseroit à le secourir, qu’autant qu’il
retournerait en France, et qu’il se soumettroit au gouvernement qui y
domine, ce qu’il ne fera jamais, quelque malheureux qu’il puisse être.
Il y a donc bientôt 9 ans que l’évêque de Moulins gémit sous le poids du
malheur, et que ses jours ne sont comptés que par ses peines; ce n’est
que par des engagemens nouveaux qu’il a pu satisfaire aux plus anciens,
et ses embarras, par conséquent, loin de diminuer, n’ont fait
qu’augmenter. Il ose avouer que dans le nombre de ses dettes, il y a une
de £200 pour laquelle il paye £60 d’intérêt par an. Il a tout perdu:
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