The Gourmet's Guide to LondonNewnham-Davis, Lieut.-Col. (Nathaniel)
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The Gourmet's Guide to London
Newnham-Davis, Lieut.-Col. (Nathaniel)
Restaurants -- England -- London -- Guidebooks
MON CHER COLONEL,--Vous me demandez pour votre nouveau livre des
recettes. Méfiez-vous des recettes. Depuis la cuisinière bourgeoise et
le Baron Brisse on a chanté la chanson sur tous les airs et sur tous
les tons. Et qu'en reste-t-il; qui s'en souvient? Je veux dire dans
le public aristocratique pour qui vous écrivez, et que vous comptez
intéresser avec votre nouvelle publication, cherchez le nouveau dans
les à propos de table, donnez des conseils aux maîtresses de maison,
qui dépensent beaucoup d'argent pour donner des dîners fatiguants,
trop longs, trop compliqués; dîtes leur qu'un bon dîner doit être
court, que les convives doivent manger et non goûter, qu'elles exigent
de leur cuisinier ou cuisinière de n'être pas trop savants, qu'ils
respectent avant tout le goût que le bon Dieu a donné à toutes choses
de ne pas les dénaturer par des combinaisons, qui à force d'être
raffinées deviennent barbares.
On a beaucoup parlé du cuisinier. Si nous exposions un peu ce que doit
être le Maître d'Hôtel.
LE MAÎTRE D'HÔTEL FRANÇAIS
La plus grande force du Maître d'hôtel Français, je dis Maître d'hôtel
Français à dessein, car si le cuisinier Français a su tirer parti des
produits de la nature avec un art infini, pour en faire des aliments
aimables, agréables, et bienfaisants, le Maître d'hôtel Français seul
est susceptible de les faire accepter et désirer. Or voilà pour le
Maître d'hôtel le champ qu'il a à explorer. Champ vaste s'il en fût,
car deviner avec tact ce qui peut plaire à celui-ci et ne pas plaire à
celui-là, est un problème à résoudre selon la nature, le tempérament
et la nationalité de celui qu'il doit faire manger. Il doit donc être
le conseil, le tentateur, et le metteur en scène. Il faut pour être un
maître d'hôtel accompli, mettre de côté, ou de moins ne pas laisser
percer le but commercial, tout en étant un commerçant hors ligne (je
parle ici du maître d'hôtel public de restaurant, attendu que dans la
maison particulière, le commerce n'a rien à voir, ce qui simplifie
énormement le rôle du maître d'hôtel. Pour cela il faut être un peu
diplomate, et un peu artiste dans l'art de dire, afin de colorer
le projet de repas que l'on doit soumettre à son dîneur). Il faut
donc agir sur l'imagination pour fair oublier la machine que l'on va
alimenter, en un mot masquer le côté matériel de manger. J'ai acquis
la certitude qu'un plat savamment préparé par un cuisinier hors ligne
peut passer inaperçu, ou inapprécié si le maître d'hôtel, qui devient
alors metteur en scène, ne sait pas présenter l'œuvre, de façon à le
faire désirer, de sorte que si ce mets est servi par un maître d'hôtel
qui n'en comprend pas le caractère, il lui sera impossible de lui
donner tout son relief, et alors l'œuvre de cuisinier sera anéanti et
passera inaperçu.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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