The Greville Memoirs, Part 2 (of 3), Volume 1 (of 3): A Journal of the Reign of Queen Victoria from 1837 to 1852Greville, Charles
History
The Greville Memoirs, Part 2 (of 3), Volume 1 (of 3): A Journal of the Reign of Queen Victoria from 1837 to 1852
Greville, Charles
Great Britain -- History -- Victoria, 1837-1901
Mon Cher Baron,--Le discours de la Couronne est
definitivement arrete. Je crois que vous le trouverez
conforme a la verite des choses et aux convenances de la
situation. Vous recevrez une circulaire que j'adresse a
tous mes agents. J'y ai essaye de marquer avec precision
l'attitude que le Cabinet veut prendre et qu'il gardera.
Mais ce ne sont la que des paroles: il faut des
resultats. On les attend du Cabinet. Il s'est forme pour
maintenir la paix, et pour trouver aux embarras de la
question d'Orient quelque issue; pour vivre il faut qu'il
satisfasse aux causes qui l'ont fait naitre. La
difficulte est extreme. L'exaltation du pays n'a pas
diminue, la formation du Cabinet donne aux amis de la
paix plus de confiance, mais elle redouble l'ardeur des
hommes qui poussent, ou qui se laissent pousser, a la
guerre; les malveillants et les rivaux exploiteront,
fomenteront les prejuges nationaux, les passions
nationales. La lutte sera tres-vive et le peril toujours
imminent. Je dirai la verite. Je m'applique a eclaircir
les esprits et a contenir les passions: je ne puis que
cela. Ce n'est pas assez; pour que le succes vienne a la
raison, il faut qu'on m'aide. Deux sentiments sont ici en
presence, le desir de la paix et l'honneur national. Je
l'ai souvent dit a Londres, je le repete de Paris. Le
sentiment de la France--je dis de la France, et non pas
des brouillons et des factions--est qu'elle a ete traitee
legerement, qu'on a sacrifie legerement, sans motif
suffisant, pour un interet secondaire son alliance, son
amitie, son concours. La est le grand mal qu'a fait la
Convention du 15 Juillet, la est le grand obstacle a la
politique et a la paix. Pour guerir ce mal, pour lever
cet obstacle, il faut prouver a la France qu'elle se
trompe, il faut lui prouver qu'on attache a son alliance,
a son amitie, a son concours, beaucoup de prix, assez de
prix pour lui faire quelque sacrifice. Ce n'est pas
l'etendue, c'est le fait meme du sacrifice qui importe,
qu'independamment de la Convention du 15 Juillet quelque
chose soit donne, evidemment donne, au desir de rentrer
en bonne intelligence avec la France, et de la voir
rentier dans l'affaire, la paix pourra etre maintenue et
l'harmonie generale retablie en Europe. Si on vous dit
cela se peut, je suis pret a faire les demarches
necessaires pour atteindre a ce but, et a en accepter la
responsabilite, mais je ne veux pas me mettre en
mouvement sans savoir si le but est possible a atteindre.
Si on vous dit que cela ne se peut pas, qu'on entend s'en
tenir rigoureusement aux premieres stipulations du
traite, et ne rien accorder, ne rien faire qui soit pour
la France une preuve qu'on desire se rapprocher d'elle,
pour le Cabinet une force dans la lutte qu'il a a
soutenir, la situation restera violente et precaire, le
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