The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Le R. P. Pierre Coton, alors confesseur et prédicateur du roi, et qui
était fort estimé de Sa Majesté, comme on sait, fut chargé par lui de
choisir, dans sa Compagnie, des hommes capables, pour mener à bien
cette périlleuse et sainte entreprise.
Beaucoup de nos religieux s'offrirent pour cette mission lointaine.
Parmi eux on remarquait le P. Pierre Biard, homme dont la vertu égalait
le talent, et qui occupait alors la chaire de théologie à Lyon. Le
choix des supérieurs tomba sur lui et sur le P. Ennemond Masse, dont
nous aurons à parler plus loin.
Ils partirent tous les deux en 1608 pour Bordeaux, où ils devaient
s'embarquer, mais il fallut attendre trois ans. Car le gentilhomme,
dont nous avons déjà parlé, retarda son départ; puis ensuite il
prétexta la nécessité de faire un voyage d'essai, afin, disait-il, de
préparer une habitation convenable pour les Pères. Il fit en effet ce
voyage accompagné d'un prêtre séculier, lequel, se laissant aller à un
zèle peu réfléchi, baptisa une centaine de sauvages, sans les avoir
suffisamment instruits et éprouvés. Plus tard, on s'aperçut que ces
pauvres gens n'avaient pas même compris ce qu'ils avaient reçu.
Trois ans après, de retour de son voyage, le sieur de Potrincourt,
pressé par la reine-mère, se chargea de conduire nos Pères au [3]
Canada. Mais ce ne fut pas sans grandes difficultés et beaucoup de
souffrances que nos Pères arrivèrent au Port-Royal, sur les côtes de
l'Acadie.
L'année qui suivit leur arrivée, deux autres des Nôtres allèrent les
rejoindre: ce furent le P. Quentin et le Frère coadjuteur Gilbert
du Thet. Deux ans de séjour à Port-Royal démontrèrent à nos Pères
l'impossibilité de fixer là le centre de leur mission, soit à cause de
la difficulté d'y attirer un grand concours de sauvages, soit à cause
des tracasseries de ceux qui commandaient. Ils transportèrent le siége
de leur mission sur un autre point de la même côte, au 45e degré 30
minutes de latitude, et cela sur un décret du roi. Cette fondation prit
le nom de Saint-Sauveur. Ils y étaient établis depuis peu de temps,
lorsque les anglais, survenant à l'improviste, s'emparèrent du vaisseau
français, saisirent les lettres-patentes du commandant, et, par une
insigne fourberie, le traitèrent de pirate. Au moment de l'attaque,
plusieurs français furent tués, et parmi eux le frère Gilbert du Thet,
homme remarquable par son courage et sa piété.
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