The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 3: Acadia, 1611-1616
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 3: Acadia, 1611-1616
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Or quoy que si mal prouisionnés, toutesfois nous n'allasmes pas
seulement à la Baye des Mines: ains aussi à Chinictou; Champlain [204]
appelle ceste Baye, la Baye de Genes. A ce Chinictou y a de fort
belles, & grandes prairies à perte de veuë, plusieurs riuieres se
deschargent dans ladicte Baye, & par aucunes d'icelles on monte bien
haut pour aller à Gachepé. Les Sauuages de cest endroit peuuent monter
à soixante, ou quatre vingts ames, & ne sont point si vagabons, que
les autres, soit pource que le lieu est plus retiré, soit qu'il est
plus abondant en chasse, n'estant point de besoin d'en sortir pour
viure. Le pays est pour la pluspart agreable; & à mon aduis, de grande
fertilité s'il estoit cultiué. Il est dans le quarente six degré
d'eleuation polaire.
Now although so badly provisioned, nevertheless we went not
only to the Bay of Mines, but also to Chinictou; Champlain [204]
calls this Bay, the Baye de Genes. At this Chinictou there are many
large and beautiful meadows, extending farther than the eye can
reach; many rivers discharge their waters into it, through some of
which one can sail quite far up on the route to Gachepé.[45] The
Savages of this place may number sixty or eighty souls, and they
are not so nomadic as the others, either because the place is more
retired, or because game is more abundant, there being no need of
their going out to seek food. The country is, for the most part,
agreeable, and, in my opinion, would be very fertile if it were
cultivated. It is within the forty-sixth degree of north latitude.
A nostre retour de la dicte Baye Dieu nous preserua euidemment deux
fois emmy la tempeste. Et la troisiesme fut celle que [205] ie m'en
vais raconter. Nous n'auions apporté que pour huit iours de viures, &
ja y en auoit quinze de nostre despart. Le mauuais temps nous tenoit
au delà de la Baye des mines, du costé de la riuiere S. Iean, si le
contrastre ou contrarieté de vents eust duré, c'en estoit fait, il
falloit mourir de faim, car nous n'auions rien. La nuict venuë le P.
Biard persuada à la compagnie de faire vn voeu à nostre Seigneur, &
à sa benoiste Mere, que s'il leur plaisoit nous donner vent propice,
les quatre Sauuages qui estoyent auec nous se feroyent Chrestiens. Les
Sauuages en furent bien contans, & ainsi le voeu fut faict. Le matin
venu le vent fut esueillé tel qu'il le nous falloit, & à son ayde
nous trauersasmes la dicte Baye, qui est de huict lieües de large. Or
arriuez à terre du costé de Port Royal [206] le vent nous manqua. Et si
auions marée contre nous & quinze lieües iusques à Port Royal.
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