The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 3: Acadia, 1611-1616
History
The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 3: Acadia, 1611-1616
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
LA Virginie est le continent de terre, que les anciens appelloyent,
_Mocosa_, entre la Floride, & la nouuelle France sur les 36. 37. &
38. degrez d'eleuation. Ce païs auoit premierement esté descouuert, &
saisi par Iean Verazan au nom de François premier (ainsi que nous auons
dit cy deuant) mais les Anglois l'ayants recognu despuis, sçauoir est
l'an 1593. & 1594. en fin l'a sõt venus habiter, despuis seulement
sept, ou huict ans. Leur demeure principale, qu'ils appellent Ieutom,
est distante de S. Sauueur où nous nous estions logez d'enuiron 250.
lieües par droictes routes. Regardez [228] s'ils ont bien dequoy nous
quereller.
CHAPTER XXVII. [i.e. xxv.]
[227] OUR CAPTURE BY THE ENGLISH.
VIRGINIA is that continent which our forefathers called _Mocosa_,
between Florida and new France under the 36th, 37th, and 38th
parallels of north latitude. This country was first discovered
and taken possession of by Jean Verazan in the name of Francis
first (as we have said before); but the English, having explored
it since then; namely, in the years 1593 and 1594, finally came
there to inhabit it only seven or eight years ago. Their principal
settlement, which they call Jeutom [Jamestown] is distant from St.
Sauveur, where we were located, about 250 leagues in a direct line.
Judge [228] if they have any good reason for quarreling with us.
Or ces Anglois de la Virginie ont accoustumé tous les ans de venir
aux Isles de Peucoit, qui sont à 25. lieües de nostre S. Sauueur, à
celle fin de se pourueoir de mouluës pour leur hyuer. S'y acheminants
doncques selon ceste coustume en l'Esté de l'année de laquelle nous
parlons 1613. aduint qu'en mer ils furent surprins des brumes, &
broüillas, que nous auons dit cy deuant, s'espandre souuent l'Esté
sur ces terres & mer. Pendant qu'elles durerent quelques iours, la
marée les ietta insensiblement beaucoup plus loin au Nordest, qu'ils
n'eussent pensé. Car ils estoyent bien quatre vingts lieües plus auãt
dans la nouuelle France, qu'ils ne croyoyent, au pres de nostre port.
Mais ne se cognoissants point au lieu, à [229] la mal'heure quelques
Sauuages passerent par là, qui les allerent trouuer cuidants que ce
fussent François, qui nous cherchassent. Les Anglois n'entendoyent
rien en Sauuage: mais aux gestes, & façons de faire ils recogneurent
assez qu'on leur faisoit signe, qu'il y auoit vn vaisseau là auprès,
& qu'iceluy vaisseau estoit François, car ils entendoy[~e]t le mot
de Normandia, duquel il nous appellent: & aux ceremonies, que les
Sauuages faisoyent pour leur complaire, ils recognoissent, que
c'estoyent ceremonies de courtoisie, & ciuilité Françoise. Doncques
les Anglois, qui estoy[~e]t en necessité, & de viures, & de tout;
deschirez, demy-nuds & ne questans que proye; s'enquirent diligemment
combien grand estoit nostre vaisseau, combien nous auions de Canons,
combien de gens, &c. [230] Et ayants eu response suffisante, & qui
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