The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
_Ce qui nous perdit fut vn grand coup de vent de Suest, qui s'efleua
lors que nous estions à la riue des terres, vent si impetueux que
quelque soin & diligence que peust apporter nostre Pilote auec ses
Matelots, Quelques voeux & prieres que nous peussions faire pour
destourner ce coup, iamais nous ne peusmes faire en sorte que nous
n'allassions heurter contre les rochers: ce fut le 26. iour d'apres
nostre depart, iour de sainct Barthelemy, enuiron sur les neuf heures
du soir; De 24. que nous estions dans la barque, dix seulement
eschapperent, les autres furent estouffez dans les eaux. Les deux
nepueux du Pere Noyrot tindrent compagnie à leur oncle, leurs corps
ont esté enterrez,_ [277] _entre autres celuy du P. Noyrot & de
nostre frere, des sept autres nous n'en auons eu aucune nouuelles,
quelque recherche que nous en ayons peu faire. De vous dire comment
le Pere de Vieuxpont & moy auons eschappé du naufrage, il me seroit
bien difficille, & croy que Dieu seul en a cognoissance, qui suiuans
les desseins de sa diuine prouid[~e]ce nous a preseruez, car pour
mon regard ne iugeant pas dans les apparences humaines qu'il me fust
possible d'éuiter ce danger, i'auois pris resolution de me tenir dans
la chambre du nauire auec nostre frere Louys, nous disposans tous
deux à receuoir le coup de la mort, qui ne pouuoit tarder plus de
trois_ Miserere, _lors que i'entendis qu'on m'appelloit sur le haut
du nauire, ie croyois que c'estoit quelqu'vn qui auoit affaire de mon
secours, ie montay en haut, & trouuay que c'estoit le P. Noyrot qui
me demandoit derechef l'absolution: Apres luy auoir donnée, & chanté
tous ensemble le_ Salue Regina, _ie fus contrainct de demeurer en
haut; car de descendre il n'y auoit plus de moyen, la mer estoit si
haute, & le vent si furieux, qu'en moins de rien le costé qui panchoit
sur le rocher fut mis en pieces, i'estois proche du P. Noirot lors
qu'vn coup de mer vint si impetueusement donner contre le costé sur
lequel nous estions qui rompit tout, & me separa du P. Noyrot, de la
bouche duquel i'entendis ces dernieres paroles_, In manus tuas Domine,
&c. _Pour moy de ce coup ie me trouuay engagé entre quatre pieces de
bois, deux desquelles me donnerent si rudement contre la poictrine,
& les deux autres me briserent si fort le dos que ie croyois mourir
auparauant que d'estre enueloppé des flots, mais voicy vn autre coup
de mer qui me desengageant de ces bois m'enleua, & mon bonnet & mes
pantoufles, & mist le reste du nauire tout à plat dans la mer: Ie
tombay heureusement sur vne planche que ie n'abandonnay point, de
rencontre elle estoit liée auec le reste du coste de ce nauire. Nous
voilà doncques à la mercy des flots, qui ne nous espargnoient point;
ains s'esleuans ie ne sçay combien de couldées au dessus de nous,
tomboient par apres sur nos testes. Apres auoir flotté longtemps de
la sorte dans l'obscurité de la nuict, qui estoit desia commencée,
regardant à l'entour de moy ie m'apperceus que nous estions enfermez
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