The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 5: Quebec, 1632-1633
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 5: Quebec, 1632-1633
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Le lendemain noꝰ l'allasmes voir le Pere de Nouë & moy, la crainte
que nous auiõs qu'il ne mourut sans estre baptisé, nous fit partir
par vn temps tout à fait violent: les vents & la pluye sembloient
vouloir tout rompre, & tout noyer. Ie voulois aussi aller entendre de
confession vn Bengalois qui auoit esté blessé, & qui me demandoit:
c'eft vn ieune homme amené des Indes Orientales, & fait Chrestien
en Frāce, qui a hyuerné icy auec nous. Ie le veis, & le cõsolay le
mieux que ie pûs. Pour le petit Sauuage m'estant presenté à l'vne des
portes de sa Cabane, on me dit _aouesse_, retire toy: mais ayans ouy
ma voix, ils me dirent que ie passasse par l'autre porte: i'entre donc
pendant que le Pere de Nouë cherchoit le [260 i.e., 160] Truchement.
Vne femme m'arresta au premier pas, me disant, _appitou_, sieds toy
là. Ie luy responds, ouy, ie veux voir l'enfant. attend, attend, me
dit-elle, tu le verras. Le plus grãd sorcier d'entr'eux, à ce que me
dit le Truchement, qui arriua bien-tost apres, chantoit & souffloit
cét enfant pour le guerir. Ils auoient fait vn petit retrenchement où
estoit l'enfāt, i'en voulus deux ou trois fois approcher, mais on ne
me le voulut pas permettre. Les Sauuages m'arrestoient à tous coups.
Attendant que ce beau medecin eut traité son malade, l'enfant estoit
nud comme la main, couché dans vn petit berceau d'écorce, sur de la
poudre de bois pourry. Il auoit vne grosse fiévre qui le brusloit, &
ce charlatan pour le guerir battoit & tournoit vn instrument remply
de petites pierres, fait iustement comme vn tambour de [261 i.e.,
161] Basque. Il chantoit auec cela à gorge desployée: en vn mot luy
& sõ cõpagnon pour oster la fieure a ce petit garçon faisoient vn
bruit capable de la donner à vn hõme biẽ sain. Le sorcier s'approchoit
du malade, le souffloit par tout le corps, à ce que ie pouuois
coniecturer, car ie ne le voiois pas, mais i'entendois son souffle
tiré du profond de l'estomach: il battoit ce tambour à ses oreilles,
cependant il y auoit vn grand silence parmy les autres Sauuages qui
estoient dans la mesme cabane. Sa medecine donnée il m'appelle, & me
dit que ie visse l'enfant, & que ie luy en disse mon aduis: pour luy
qu'il croioit qu'il avoit ie ne sçay quoy de noir dans le corps, &
que c'estoit cela qui le faisoit malade, voila le resultat de ce grãd
bruit. Ie m'approche, ie touche le poulx de l'enfant, ie luy trouue
vne grosse fieure, & leurs dy qu'il auoit vne maladie [262 i.e., 162]
que nous appellions la fieure, & qu'il le falloit laisser reposer, &
non pas le tuer auec ce grand bruit qui augmentoit sa maladie, & qui
depuis peu i'auois eu quelques accés de fiéure, & que le repos m'auoit
guery. Le sorcier me repart, cela est bon pour vous autres, mais pour
nous c'est ainsi que nous guerissons les malades. Helas que les hommes
qui ne cognoissent pas Dieu sont ignorans, voire mesme dans les choses
naturelles! Pour cōclure ce point, nous nous en retournasmes par eau
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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