The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Le mesme iour de Noël ie m'en allay sur le soir visiter nos voisins,
nous n'estions plus que deux cabanes, celle du Sauuage Ekhenneabamate
auoit tiré d'vn autre costé depuis cinq ou six iours, à raison qu'il
n'y auoit pas assez de chasse pour nourrir tout le monde, ie trouuay
deux ieunes chasseurs tout tristes, pour n'auoir rien pris ce iour là,
ny le precedent, ils estoient comme tous les autres maigres & defaits,
taciturnes & fort pensifs, comme gens qui ne pouuoient mourir qu'à
regret, cela me toucha le cœur, apres leur auoir dit quelque parole
de consolation, & donné quelque [273] esperance de chose meilleure,
ie me retiray en ma cabane pour prier Dieu, l'Apostat me demãda quel
iour il estoit? il est auiourd'huy la feste de Noël, luy respondis-je;
Il fut vn peu touché, & se tournant vers le Sorcier, il luy dit, qu'à
tel iour estoit né le Fils de Dieu que nous adorions nommé IESVS:
Remarquant en luy quelque estonnement, ie luy dis que Dieu vsoit
ordinairement de largesse en ces bons iours, & que si nous auions
recours à luy qu'il nous assisteroit infailliblement; à cela point de
parole, mais aussi point de contrarieté: prenant donc l'occasion au
poil, ie le priay de me tourner en sa langue deux petites Oraisons,
dont i'en dirois l'vne, & les Sauuages l'autre. Esperant que nous
serions secourus, l'extremité où nous estions reduits luy fit accorder
que de bond, que de volée ce que ie demandois. Ie composay sur l'heure
deux petites prieres, qu'il me tourna en Sauuage, me promettant en
outre qu'il me seruiroit d'interprete si i'assemblois les Sauuages,
me voila fort content. Ie recommande l'affaire à N.S. & le lendemain
matin ie dresse vn petit Oratoire, ie pends aux [274] perches de la
cabane vne seruiette que i'auois portée, sur laquelle i'attachay vn
petit Crucifix & vn Reliquaire, que deux personnes fort Religieuses
m'ont enuoyé: ie tire encore quelque Image de mon Breuiaire, cela fait
ie fais appeller tous les Sauuages de nos deux cabanes, & ie leur fais
entendre tant par mon begayemẽt, que par la bouche d'vn Renegat, que la
crainte de mourir de faim faisoit parler, qu'il ne tiendroit qu'à eux
qu'ils ne fussent secourus, ie leur dis que nostre Dieu est la bonté
mesme, que rien ne luy estoit impossible, qu'encore bien qu'on l'eust
mesprisé, que si neantmoins on croyoit, & si on esperoit en luy d'vn
bon cœur, qu'il se monstreroit fauorable: Or comme ces pauures gens
n'auoient plus d'esperance en leurs arcs, ny en leurs flesches, ils me
tesmoignerẽt vn grand contentement de ce que ie les auois assemblez,
m'asseurant qu'ils feroient tout ce que ie leur commanderois; ie prens
mon papier & leurs lis l'Oraison que ie desirois qu'ils fissent, leur
demandant s'ils estoient contens d'addresser au Dieu que i'adorois ces
paroles de tout leur cœur, & sans feintise; ils me [275] respondent
tous _nimiroueritenan, nimiroueritenan_, nous en sommes cõtens, nous
en sõmes contens. Ie me mets le premier à genoux, & eux tous auec moy,
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