The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Pendant qu'on appliquoit ces beaux remedes, les Peres s'addressoient
à Dieu pour le salut de cette pauure ame: ils venoient voir cette
pauure fille; mais les [38] parens ne vouloient pas permettre qu'on
luy parlast de nostre creance, s'imaginant que le Baptesme nuisoit
au corps, quoy qu'il en fust de l'ame. Attendez, disoient-ils, quand
nostre fille n'en pourra plus, quand nous aurons cherché tous les
remedes, dont nous nous seruons, s'ils ne reüssissent, nous vous
permettrons de l'instruire. Les Peres voyans cela desisterent pour vn
temps de visiter la malade, traictant de la guerison de son ame auec
Dieu. La mere de la fille se sentit portée à desirer qu'on la vinst
instruire, son mary y contrarioit. Enfin, Dieu qui tient les cœurs de
tous les hommes entre ses mains, amolit ceux de ces Barbares, pour
le bien de leur enfant; non seulement ils n'ont plus d'auersion des
Peres, mais au contraire ils les font inuiter, leur donnant asseurance
que leur fille les écouteroit volontiers. Les Peres y volent aussi
tost, le Pere Buteux prend la parole, déduit le mieux qu'il peut les
principaux articles de nostre foy. Les parens, pour ayder le Pere qui
n'a pas encore la perfection de la langue, & pour soulager leur enfant,
reïteroient doucement, & expliquoient en termes plus significatifs
[39] ce qu'on disoit à cette pauure ame, qui se montroit alterée de
cette doctrine, comme vne terre seiche de la rosée du Ciel: on employe
quelque temps à l'enseigner, tousiours auec le contentement des parens,
& beaucoup plus de la malade. Pendant la nuict elle disoit par fois à
sa mere, Ne sera-il pas bien tost iour, le Pere ne viendra-il pas de
bon matin, puis s'addressant à Dieu, luy disoit. _Mißi ka, khichitaien
chaouerimitou_, toy qui as tout fait, fais moy misericorde. _Khiranau,
oue ka nipien khita pouetatin khisadkihitin_. Toy qui est mort pour
nous, ie crois en toy, ie t'ayme, secours moy. Le Pere la visitant,
elle luy disoit, Tu me réioüis quand tu me viens voir, i'ay retenu ce
que tu m'as enseigné, & là dessus luy expliquoit fidelement. Le soir
auant sa mort, vn sien oncle estant venu voir les Peres, & soupant auec
eux, leur dit, Ma niepce est bien malade, vous la deuriez baptiser: on
luy replique, qu'on la veut plainement instruire; Si toutesfois, luy
dit-on, tu la voyois notablement baisser, appelle nous, & nous l'irons
voir. Sur les dix ou onze heures de nuict, ce pauure Sauuage s'en
vint au trauers de la neige, & d'vn [40] froid tres piquant, crier à
pleine teste proche de l'habitation de nos François, qu'ils vinssent
viste baptiser la malade, & qu'elle s'en alloit mourant. Les peres
s'éueillent à ces cris bien étonnez, que ny les grands chiens qu'on
détache la nuict, ny la rigueur du froid n'auoient point empesché ce
bon homme de les venir appeller. Le sieur Nicolet, & le sieur de Launay
les accompagnerent, celuy cy fut le Parrain, & la nomma Marie, son pere
& sa mere, quoy que Barbares, témoignerent receuoir du contentement
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