The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Nos Hurons comme vous voyez ne sont pas si massifs qu'on croiroit biẽ,
[197] ils me semblent auoir le sens cõmun assez bon, & ie les recognois
vniuersellemẽt fort dociles. Il y en a neantmoins d'opiniastres, &
attachez à leurs superstitiõs & mauuaises coustumes; ce sont notamment
les vieillards: car horsmis ceux là, qui ne sont pas en grand nombre,
tout le reste ne sçait rien en leur croyance. Nous en auons en nostre
village deux ou trois de ce nombre. Ie suis souuent aux prises auec
eux, où ie les conuaincs & les mets en contradiction, de telle sorte
qu'ils aduoüent ingenuement leur ignorance, & les autres se mocquent
d'eux; neantmoins ils ne se rendent pas, ayant pour tout refuge, que
leur Pays n'est pas comme le nostre, qu'ils ont vn autre Dieu, vn autre
Paradis, en vn mot d'autres coustumes.
Our Hurons, as you see, are not so dull as one might think them;
[197] they seem to me to have rather good common sense, and I
find them universally very docile. Nevertheless, some of them are
obstinate, and attached to their superstitions and evil customs.
These are principally the old people; for beyond these, who are not
numerous, the rest know nothing of their own belief. We have two
or three of this number in our village. I am often in conflict with
them; and then I show them they are wrong, and make them contradict
themselves, so that they frankly admit their ignorance, and the
others ridicule them; still they will not yield, always falling
back upon this, that their Country is not like ours, that they have
another God, another Paradise, in a word, other customs.
Ils nous racontent que cette femme nommé _Eataentsic_ tomba du Ciel
[198] dedans les eaux, dont estoit couuerte la terre, & que peu à peu
la terre se descouurit. Ie leur demande qui a creé ce Ciel, où cette
femme n'a pû se tenir, & ils demeurent muets; comme aussi quãd ie
les presse de me dire qui auoit produit la terre, veu qu'elle estoit
au fond des eaux auparauant la cheute de ceste femme. Vn certain me
demanda assez subtilement sur ce propos, où estoit Dieu auant la
creation du monde. La response me fut plus facile, apres S. Augustin,
qu'à eux l'intelligence de la question qu'ils me faisoient. Vn autre
bon vieillard estant tombé malade, ne vouloit point oüyr parler d'aller
au Ciel, disant qu'il desiroit aller où estoient ses ancestres.
Quelques iours apres il se rendit, & me fit vn plaisant conte. Resioüys
toy, me dit-il, car ie suis reuenu du pays des ames, & ie n'y en ay
plus trouué, [199] elles sont toutes allées au Ciel. Il n'y a rien qui
ne serue à salut, quand il plaist à Dieu, iusques aux songes.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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