The life and correspondence of Sir Anthony Panizzi, K.C.B., Vol. 1 (of 2): Late principal librarian of the British museum, senator of Italy, etc.Fagan, Louis
History
The life and correspondence of Sir Anthony Panizzi, K.C.B., Vol. 1 (of 2): Late principal librarian of the British museum, senator of Italy, etc.
Fagan, Louis
Panizzi, Anthony, Sir, 1797-1879
Je crois que Christine n’était que l’agent de Louis-Philippe, qui
voulait faire tomber le Gouvernement Anglais dans un piége, pour avoir
un prétexte de briser sa parole, alléguant que le Gouvernement Anglais
favorisait sous main le mariage de la reine à un autre prince qu’un
descendant de Philippe V. Mais, de bonne foi ou non, le fait est que
Christine mit sur le tapis le mariage Cobourg. Les pièces ci-jointes
entrent dans des détails très-importants sur cet épisode. Le
Gouvernement Français fut averti, avec la plus grande franchise, de ce
qui se passait par Lord Aberdeen. M. Bulwer lui avait écrit que
Christine l’avait envoyé chercher et l’avait prié de lui donner son
avis sur la rédaction d’une lettre qu’elle le chargea de vouloir bien
envoyer au Prince de Cobourg alors à Lisbonne, à qui elle allait
proposer sa fille aînée en mariage. M. Bulwer avait de bonne foi donné
l’avis qu’on lui avait demandé et s’était chargé de la lettre, comme
ami et non pas comme Ministre d’Angleterre. Non-seulement Lord
Aberdeen informa M. de Sainte-Aulaire sur-le-champ de ce qu’il venait
d’apprendre, non-seulement il donna des ordres positifs à M. Bulwer,
de se garder bien de toute démarche qui pouvait faire croire que
l’Angleterre avait la moindre préférence pour le Prince de Cobourg,
mais il désapprouva la conduite de M. Bulwer dans cette occasion en
termes si sévères que M. Bulwer en fut blessé au point d’envoyer sa
démission de Madrid, que Lord Aberdeen ne crut pas à propos
d’accepter.
M. Bresson se permit de reprocher aux ministres espagnols (et, je
crois, à Christine elle-même) leur conduite d’une manière qu’on aurait
eu droit d’attendre plutôt d’un caporal de la vieille garde, que d’un
représentant de Louis-Philippe; il alla jusqu’à menacer le
Gouvernement Espagnol d’une déclaration de guerre, si la reine
épousait autre qu’un prince approuvé par Louis-Philippe. Ce pauvre
Isturiz en informa en tremblant Lord Aberdeen, qui répondit par une
lettre de 25 Juin dont on parle dans la dépêche de Lord Palmerston du
31 Octobre (p. 19). J’espère pouvoir vous en envoyer une copie.
Cependant, Isturiz lui-même était un des principaux agents dans cette
intrigue. A Madrid, des amis _très-intimes_ de Christine firent tout
ce qui leur fut possible pour engager le Gouvernement Anglais à se
déclarer pour le Prince de Cobourg: on offrit _carte blanche_ à
l’Angleterre pour qu’elle mit le prix qu’elle jugerait convenable à la
concession de son appui. A peine le ministère actuel avait été formé à
Londres, qu’Isturiz s’adressa non officiellement à une de ses
connaissances, qui en fait part, pour le prier de faire tout ce qu’il
pouvait pour ces noces Cobourg, la conclusion desquelles, disait-il,
dépendait absolument de l’Angleterre; mais ni Lord Palmerston ni
l’autre ministre ne voulurent entendre parler de cela; on se déclara
toujours neutre et indifférent.
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